4

6

7

9

Claude Michel dit Clodion (Nancy, 1738 - Paris, 1814), Vestale portant un tambour de basque rempli de fruits. Fin du XVIIIe siècle.

Statuette en terre cuite. Signée au dos, sur la terrasse : CLODION. (N renversé). (Petits accidents et manques.). Haut. : 43,5 cm ; Diam. base : 13 cm. Estimation : 30000 / 40000 €

Note: Neveu et élève de Lambert-Sigisbert Adam, puis de Pigalle, Clodion remporte le Grand Prix de Sculpture en 1759, puis, après trois ans passés à l'École royale des Elèves Protégés, devient pensionnaire de l'Académie de France à Rome où il reste jusqu'en 1771. A son retour en France, il présente comme il se doit un morceau d'agrément pour entrer à l'Académie Royale avec un Jupiter prêt à lancer la foudre en terre cuite qu'il ne traduira jamais en marbre, l'empêchant d'être membre de la célèbre institution. Il n'en est pas moins distingué par les Bâtiments du Roi qui lui commandent la Statue assise de Montesquieu, de la Série des Hommes illustres (Marbre, Salon de 1783, Paris, Musée du Louvre). Il participe également avec Alexandre Brogniart au décor de plusieurs édifices du faubourg Saint Germain et de la Chaussée d'Antin, comme celui de la cour de l'hôtel de Bourbon-Condé, 1787), celui de la salle de bains de l'hôtel de Besenval, rue de Grenelle (1782, Paris, musée du Louvre), la salle à manger du Comte d'Artois, au château de Maisons pour laquelle il exécute la statue d'Erigone, enfin la Sainte Cécile en marbre (1777, in situ) pour la cathédrale de Rouen.
Parallèlement à ces réalisations monumentales, Clodion se révèle un excellent modeleur, réalisant un grand nombre de statuettes destinées à des amateurs éclairés comme le prince de Conti, le duc de Chaulnes ou la duchesse de Bourbon, Julienne, Lalive de Jully, Mariette, les fermiers généraux Vassal de Saint-Hubert, Leroy de Senneville ou encore le receveur des finances Bergeret de Grandcourt. Ces terres cuites issues de la mythologie galante et arcadienne constituent d'ailleurs l'aspect le mieux connu de son activité, particulièrement mis en lumière dans l'exposition monographique qui lui est consacrée en 1992.
Privilégiant les sujets inspirés de modèles antiques mis à la mode par la vogue du style grec et des œuvres du peintre Vien, Clodion réalise des vases puis des statuettes représentant des bacchantes et des vestales comme celle que nous présentons. Cette dernière, inédite à ce jour, est parfaitement représentative de son art dans les années 1780, au moment où il exécute des terres cuites raffinées conformes au style néoclassique avec des vêtements collés au corps, et des visages arrondis, jouant sur les accessoires que l'on retrouve sur ses différentes terres cuites, la peau de chèvre qui recouvre le haut de sa tunique, le tambourin sur lequel sont placés des fruits, l'athénienne décorée de têtes de boucs ; enfin, les deux couronnes, l'une de roses, l'autre formée de laurier, que Clodion place élégamment dans l'une de ses mains. Retouchant avec habileté de nombreux détails pour mieux rendre les effets de matière ou accentuer certains détails, le sculpteur nous donne à voir ici un l'un des exemples les plus caractéristiques et les plus réussis de son œuvre.

Bibliographie : Anne Poulet, Guilhem Sherf, Clodion, Cat. Expo., Paris, musée du Louvre, mars-juin 1992.

Saint-Germain-en-Laye, dimanche 17 mai. Alain Schmitz - Frédéric Laurent SVV. MM. Dey, Lefèvre, Fabre, Cabinet Froissart-Lemaire, Cabinet Turquin