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BUGATTI Type 57 VENTOUX 3ème série - 1938

N° DE CHÂSSIS : 57662 - MOTEUR : 8 cylindres en ligne, placé à l'avant, longitudinal, vilebrequin, tourillonnant sur six paliers lisses # 478 - ALÉSAGE-COURSE : 72 mm x 100 mm - CYLINDRÉE : 3257 cm3 - DISTRIBUTION : double arbre à cames en tête entraînés par une cascade de pignons, 2 soupapes par cylindre - ALIMENTATION : 1 carburateur - PUISSANCE MAXIMUM : 135 cv à 5000 tr/mn - CHÂSSIS : à longerons et entretoises en acier - SUSPENSION AVANT : essieu rigide d'une seule pièce entièrement usiné, dans la tradition Bugatti, ressorts à lames ? elliptiques, amortisseurs hydrauliques. - SUSPENSION ARRIÈRE : essieu rigide, ressorts à lames elliptiques inversés, amortisseurs hydrauliques - BOÎTE DE VITESSES : mécanique, à 4 rapports + M.A. (3e et 4e silencieuses) - EMBRAYAGE : monodisque à sec - FREINS : hydrauliques, à tambours sur les 4 roues - ROUES : à rayons à fixation centrale - PNEUMATIQUES : 18 x 5,50 - EMPATTEMENT : 3300 mm - VOIE AVANT : 1350 mm - VOIE ARRIÈRE : 1350 mm - POIDS DU CHÂSSIS NU : 950 kg - CARROSSERIE : coach 2 portes, 4 places - VITESSE MAXIMUM : 150 km/h - PRODUCTION : 546 exemplaires du type 57. Carte grise française. Estimation : Consulter l'expert 

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La Bugatti 57 fut présentée au Salon de Paris en Octobre 1933. On reconnaît les modèles 34 à un tableau de bord comportant un gros cadran rond incluant les différentes jauges. Les ailes avant sont échancrées fortement et se prolongent jusqu'aux ailes arrière par un marchepied. En 1935, la 57 est la seule voiture de tourisme construite à Molsheim. Les Galibier, Ventoux et Stelvio reçoivent un certain nombre d'améliorations dont un tableau de bord à six cadrans ronds incorporés dans un logement ovale découpé dans la planche de bord. Le capot moteur reçoit une série de trois rangées de fines louvres d'aération. Les ailes avant sont plus enveloppantes et les marchepieds disparaissent. La ligne du coffre est abaissée. Les tubulures d'admission et d'échappement sont modifiées et les performances augmentent, la vitesse maximum passant à près de 160 km/h. En 1936, la mécanique est inchangée, mais les carrosseries sont légèrement transformées : sur le cabriolet, l'ancrage de la capote s'aligne sur la ligne des portes, une moulure latérale s'arrondit du capot à la naissance de l'aile arrière, soulignée souvent par une peinture deux tons de la carrosserie.

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A partir du Salon, tous les modèles Bugatti 57 peuvent recevoir un compresseur de type Roots, expérimenté en 1935. La puissance passe à 160 cv et la vitesse à 170 km/h. Environ 110 moteurs seront ainsi équipés. En 1937, à partir du Salon de Paris, les 57 adoptent des amortisseurs télescopiques Allinquant et des freins hydrauliques Lockeed, mais ces modifications n'apparaissent pas en même temps sur toutes les carrosseries. Les ailes avant sont modifiées et intègrent les phares sur les modèles 38, mais plusieurs voitures de 1938, et même de 1939, auront encore d'origine des phares séparés. Les 57 exposées au Salon de Paris 1938 ne présentent pas de modifications mécaniques si ce n'est la possibilité d'adapter une boîte Cotal. La ceinture de caisse des Stelvio est légèrement surélevée.

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La voiture présentée est un Bugatti Type 57, 2 portes, 4 places, donc un coach 'Ventoux' terminée en mars 1938, châssis # 57662 et équipée du moteur # 478. Elle avait été commandée chez Bugatti, avenue Montaigne, à Paris, par Monsieur Quentin qui en prit livraison le 2 Juin 1938. Elle fut alors immatriculée 8707 NA 7 dans le Pas de Calais. On la retrouve après la seconde guerre mondiale à Valenciennes, dans le Nord, propriété de Camille Ferdinand, 'Ferdi' pour les intimes, qui fut le fondateur et le premier président du Bugatti Club de France, la voiture était alors immatriculée 8972 AZ 59 en septembre 1954. En 1962 elle devint la propriété du belge Pierre Versteelen, de Bruxelles, et immatriculée d'après le Bugatti register de Conway de 1962 : AE 598. Elle revint en France à Lyon chez le Bugattiste bien connu Christian Baverey qui participa avec # 57662 à de nombreux meetings Bugatti, ainsi à Deauville en Octobre 1978 (#56) Christian Baverey la céda à Raymond Berg, à Forbach qui participa avec sa voiture au Centenaire Ettore Bugatti en 1981 (#114). Au décès de Raymond Berg en 2000, la belle 57 devint la propriété de sa femme, Béatrice qui continua à la monter dans de nombreux meetings à Molsheim (2003, 2005, 2006) ainsi qu'à des concentrations Oldtimer à Baden Baden en 2005, 2006 et 2007. Elle revint en Belgique où elle se trouve toujours.

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Cette voiture à toujours été entretenue avec beaucoup de soins, elle fonctionne parfaitement, seul l'embrayage, montrant quelques signes de faiblesse a été changé récemment. Il est rare de trouver une Ventoux avec une histoire aussi limpide, un habitacle d'origine, aussi désirable.

Bibliographie : The Bugatti Register, The Netherlands Belgium Volume II
2008-2009
The Bugatti Register 1962, Conway
The Bugatti Register,1974, Conway

Artcurial. Automobiles de collection. 13 juil. 2009 15:00. Arqana, Deauville. Commissaire-priseur : Hervé Poulain www.artcurial.com