La Galerie Jacques Barrère est située au coeur de Paris, Rive Gauche, dans le 6ème arrondissement, entre le Pont des Arts et l'Odéon. Depuis de nombreuses années elle organise des expositions afin de promouvoir les arts d’Extrême-Orient par la sauvegarde et la présentation de leurs témoignages. Spécialisée dans les objets d'art de Chine (sculpture, archéologie, céramiques et arts décoratifs), et du Japon (sculpture, porcelaines). Elle permet aussi de découvrir la statuaire du Gandhara, de l'Inde ou du sud-est Asiatique. Elle présentera dans le cadre du Salon du Collecionneur cinq superbes pièces du Royaume de Chu que je voudrais partager avec vous.

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Gardien double, Chine, Royaume de Chu, époque des Royaumes Combattants. IV - III ème siècle av. JC.

Bois sculpté avec traces de polychromie. Hauteur 47 cm.

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Phoenix dominant un tigre. Chine, Royaume de Chu. Epoque des Royaumes Combattants. IV - III ème siècle av JC

Bois sculpté et laqué. Hauteur 99 cm

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Statuette de personnage. Chine, Royaume de Chu, époque des Royaumes Combattants. IV -III ème siècle.

Bois sculpté. Hauteur 66 cm

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Statuette funéraire. Chine, Royaume de Chu. Région de Wuchangyidi, Hubei. Epoque des Royaumes Combattants. IVème - IIIème siècle avant J.C.

Bois sculpté. Hauteur : 66 cm.

L'avènement du Royaume de Chu succède aux régimes exclavagistes des Shang et des Zhou. A cette époque, la présence dans les tombes des serviteurs et du mobilier est destiné à prolonger, au-delà de la mort, le rang social du défunt. Pour que son corps puisse s'élever jusqu'aux cieux, il est nécessaire que son corps reste digne et soigné dans l'univers souterrain. Au Vème siècle avant J.C., les figurines commences à remplacer les cruels sacrifices humains.

Ces statuettes en bois, présentes uniquement dans les tombes des aristocrates, figurent des danseuses, musiciens, serviteurs, majordomes, ouvriers ou soldats. Elles étaient placées à l'arrière du caisson principal contenant le défunt.

Les statuettes issues de Wuchangyidi sont généralement vêtues de robes à larges damiers, ceinturées en haut du buste. L’expressivité du visage est renforcée par une polychromie rouge et noire figurant des yeux en amande, de fins sourcils et une petite bouche. Les oreilles percées portaient des boucles. Des pieds et parfois des bras sont ajoutés et assemblés au corps par des tenons

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Sanglier attaqué par un tigre. Chine, Royaume de Chu. Fin des Royaume Combattants - début des Han. II ème - I er siècle av JC.

Bois Laqué. Dimensions : 19,5 x 29,5 x 11 cm.

Jacques Barrère S.A.S. Antoine Barrere. 36 rue de Mazarine 75006 Paris, France - T +33 (0)1 43 26 57 61 - M +33 (0)6 61 65 10 00 - F +33 (0)1 46 34 02 83 - Stand N°: 85. Salon du Collectionneur, Grand Palais, avenue Winston Churchill, 75008 Paris. 11>20 septembre 2009, de 12h00 à 20h00

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Carte des Royaumes Combattants et premiers tronçons de la Grande Muraille (source http://www.sacu.org/)

"Entre les 5° et 3° siècles avant notre ère, époque dite "des Royaumes Combattants", les actuelles provinces du Hunan du Hubei, et partiellement de l'Anhui en Chine furent un territoire dominé plus ou moins largement au fil de leur expansion par les souverains Chu.

Relativement méconnue jusqu'à une époque récente, la culture de ce royaume nous a révélé ses riches particularismes grâce à l'étude scientifique de quelques unes de ses plus somptueuses sépultures.

La richesse de ce mobilier funéraire a permis de mieux cerner l'univers de cette culture très marquée par les traditions de type chamanique et les divinités et esprits divers dont il fallait alors se concilier en permanence les bonnes grâces.

Le grand apport des rites funéraires Chu pour la culture et l'art Chinois est sans nul doute la suppression des sacrifices des serviteurs humains devant accompagner leur maître dans leur sépulture, et l'invention de figurines en bois les représentant et devant les remplacer pour l'éternité.

Conservés pendant plus de vingt siècles dans des fosses funéraires, les sculptures en bois du royaume de Chu ont du leur conservation au fait qu'elles sont demeurées en immersion dans l'eau qui les avait recouvertes. Nombre d'objets de cette culture découverts dans la première moitié du vingtième siècle se sont vus tomber en poussière ou éclater en plusieurs morceaux en se retrouvant à l'air et en séchant de ce fait trop rapidement."

Jean Luc Estournel, diplômé de recherche de l'Ecole du Louvre, membre de la Compagnie Nationale des Experts, à propos de deux couples de figurines funéraires, mingqi, en bois. Chine, Royaume de Chu (époque dite des Royaumes Combattants), IVème- IIIème siècles avant notre ère, ancienne collection Kenzo Takada acquis de la Galerie Jacques Barrère (Paris) en 1998.

Le musée Guimet possède deux pièces approchantes :

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Zhenmu shou, monstre gardien de tombe. Royaume de Chu, IVe-IIIe siècle avant notre ère. Bois laqué, traces de polychromie. H. avec andouillers, 86 cm ; socle carré, côté, 24,5 cm Don de M. Horiuchi 1999, MA 6950. Musée Guimet, Paris © Thierry Ollivier / RMN

Comportant également un grande figurine funéraire humaine et un second protecteur à andouillers, le don de M.Horiuchi est un clair témoignage du nouvel espoir offert aux défunts dans le puissant royaume de Chu en Chine du centre ( en gros l’actuelle province du Sichuan) de jouir d’un devenir individuel dans l’au-delà. En effet, la rupture du système d’affiliation aux clans de la famille royale Zhou qui se confirme précisément à cette époque dite des « Royaumes combattants » les place désormais seuls face aux dangers de l’au-delà. Si en Chine du nord, le chien continue d’avoir dans la tombe le privilège d’en être le chasseur de démons, dans les régions du centre sud, on fait alors appel à des êtres surnaturels. Leurs pouvoirs ils les doivent à ces andouillers réels dont on les affuble et qui sont aussi un gage de renaissance. Leur corps serpentiforme et leur tête de monstre à langue pendante ressortissent à un ancien fonds chamanique propre au royaume de Chu. Ce sont du reste ces caractères, corps animal, tête monstrueuse, cornes et langue pendante qui distingueront les deux créatures flamboyantes de la section animale de la protection de la tombe à l’époque Tang. (www.guimet.fr)

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Ensemble de bois du Royaume de Chu Chine du Sud Époque des Royaumes combattants Ve-IIIe siècle avant notre ère Bois laqué et traces de polychromie MA 6333 Grand phénix ; don de M. Horiuchi, 2001 Musée Guimet, Paris © Thierry Ollivier / RMN

Un garrdien de tombe du musée Cernuschi :

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Sous les Royaumes Combattants ou Zhanguo, grâce à la diffusion des outils en fer, le défrichement de nouvelles terres s’accélère sous la pression démographique. Cette période politiquement instable et bouillonnante est marquée par le luxe ostentatoire qu’affichent les cours rivales. Le goût des bronzes aux formes baroques et foisonnantes est particulièrement présent dans le royaume de Chu (Hubei, Hunan). Cette culture du centre-sud de la Chine maintiendra jusque sous les Han de l’Ouest (206 av. J.-C. - 9 ap. J.-C.) son particularisme culturel. Celui-ci se manifeste notamment dans le mobilier funéraire : gardiens de tombe tirant la langue, surmontés d’andouillers, ou supports de tambours en forme d’oiseaux, témoins de croyances encore mal connues. Déjà, les objets en laque, prennent une place significative aux côtés du bronze. Des motifs comme des frises structurées par des obliques aux terminaisons en enroulement et une bichromie rouge et noire sont à l’origine des développements ultérieurs de l’art du laque. (amis-musee-cernuschi.org)