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« Grande Aiguière aux Tritons » dans le goût de la Renaissance en bronze patiné. Paris, vers 1845-1855

Signature du bronzier-éditeur Auguste-Maximilien DELAFONTAINE. H : 97 cm - L : 41 cm

Cette aiguière décorative offre un important décor en ronde bosse et haut-relief lié aux thèmes de l’Eau et de l’Amour. Son corps ovoïde présente deux allégories entourées de rinceaux feuillagés : Diane au bain, entourée de ses compagnes, la déesse de la Nature, surprise par le chasseur Actéon, le transforme en cerf, et : Vénus à sa toilette, allongée et alanguie, la déesse de l’Amour est entourée d’une naïade et de tritons soufflant dans des conques marines.
Vénus, symbole de l’amour charnel et voluptueux est ici en opposition avec Diane, déesse lunaire et chasseresse, vouée à la chasteté.
En partie haute, l’anse de préhension est figurée par un Triton au front couronné de lierre. Le dieu marin, au corps moitié homme, moitié poisson, dirige de ses mains le large bec verseur de l’aiguière en direction du coquillage présenté en offrande par un jeune Triton.

Notes : Modèle crée par le sculpteur Pierre Alexandre Schoenewerk et exécuté par le bronzier Auguste-Maximilien Delafontaine.

Le retour au goût de la Renaissance dans la sculpture des années 1830 à 1850 affirme sa volonté de sortir de l’exclusivité des formes néo-classiques. En utilisant l’évolution de la technique de la fonte au sable qui permet de grandes dimensions, le bronze semble seul être capable de transcrire le rendu du modelé voulu par les sculpteurs.
Dans cette recherche, les grandes aiguières et les grands vases deviennent alors d’importants sujets de créations (les œuvres d’Henri de Triqueti, de Klagmann ou Geoffroy-Dechaume en sont de très bons exemples). Schoenewerk et Delafontaine avec cette oeuvre s’inscrivent donc parfaitement dans le courant du temps.

D'un point de vue technique la fabrication et le montage de cette grande aiguière présentent certaines caractérisques typiques des premières années de la décennie 1850.

Cette aiguière monumentale est à rapprocher de celle créée en 1855 par Louis-Contant Sévin (1821-1888) en biscuit de porcelaine (Musée d'Orsay, Inv. ADL 3800) et pour laquelle il fit appel à Schoenewerk pour les grandes figures.

Modèle crée par le sculpteur Pierre Alexandre Schoenewerk et exécuté par le bronzier Auguste-Maximilien Delafontaine.

Le retour au goût de la Renaissance dans la sculpture des années 1830 à 1850 affirme sa volonté de sortir de l’exclusivité des formes néo-classiques. En utilisant l’évolution de la technique de la fonte au sable qui permet de grandes dimensions, le bronze semble seul être capable de transcrire le rendu du modelé voulu par les sculpteurs.
Dans cette recherche, les grandes aiguières et les grands vases deviennent alors d’importants sujets de créations (les œuvres d’Henri de Triqueti, de Klagmann ou Geoffroy-Dechaume en sont de très bons exemples). Schoenewerk et Delafontaine avec cette oeuvre s’inscrivent donc parfaitement dans le courant du temps.

D'un point de vue technique la fabrication et le montage de cette grande aiguière présentent certaines caractéristiques typiques des premières années de la décennie 1850.

Cette aiguière monumentale est à rapprocher de celle créée en 1855 par Louis-Contant Sévin (1821-1888) en biscuit de porcelaine (Musée d'Orsay, Inv. ADL 3800) et pour laquelle il fit appel à Schoenewerk pour les grandes figures.

Il convient de noter l’acquisition en 1999 par le Musée du Louvre d’un Lustre « persan », daté de 1853 réalisé par Auguste-Maximilien Delafontaine d’après Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume, (Inv. OA 11928), et la présentation par la Galerie Didier Aaron, lors de la dernière Biennale des Antiquaires de 2008, d’une version à vingt lumières du même modèle. Ces deux oeuvres sont également très représentatives du travail de Delafontaine, de la qualité de ses réalisations ainsi que de l’engouement que ses productions suscitent aujourd’hui.

Bien que très inspiré du style Renaissance, cette grande aiguière n'est pas une copie d'un modèle de cette époque mais constituent une pure invention de son temps.

Biographie:

Pierre-Alexandre Schoenewerk (1820-1885) sculpteur français.
Protégé et encouragé par la princesse Mathilde il connaîtra un grand succès sous le Second Empire. Elève de Triqueti et de David d’Angers il restera très influencé par l’Italie, la Mythologie et l’Antiquité et produira de nombreux bustes et statues, contribuant à la décoration des Palais du Louvre et des Tuileries, de l’Hôtel de Ville, de l’Opéra Garnier, des jardins de l’ancien Trocadéro (Allégorie de l’Europe, Musée d'Orsay, Inv. RF 3751) ainsi qu’à celles des églises Saint Augustin ou de la Sorbonne…
Il travaillera aussi beaucoup avec la célèbre Maison d’orfèvrerie Froment-Meurice ; vase du Baron Feuchère en 1843 (Musée du Louvre, Inv. OA 3253), Reliquaire de Sainte Marie-Madeleine et de Saint Vincent de Paul (Eglise de la Madeleine)… ou avec la Maison Morel ; Surtout de Table du prince Radziwill ou la Coupe Hope en 1855…
Au Salon, il débutera en 1841 avec Agar une statue en plâtre, puis exposera successivement des statues et des groupes en bronze tels : L’Amour Vaincu (Exposition Universelle de 1855), L’Enlèvement de Déjanire (Ville de Rouen) ou des groupes en marbre tels Léda et le Cygne (Parc du Palais de Compiègne), la Jeune Tarentine (Musée d'Orsay, Inv. RF 275)…

Maison DELAFONTAINE (Dernier tiers du XVIIIe siècle -1905).
Fondée dans le dernier tiers du XVIIIe siècle par Jean-Baptiste Delafontaine (1750-1820) cette remarquable Manufacture de Bronze sera ensuite dirigée de 1818 à 1840 par Pierre-Maximilien Delafontaine (1777-1860). Parmi les nombreuses réalisations de cette époque nous retiendrons sa collaboration avec le célèbre ébéniste Jacob-Desmalter, les bronzes de la Chapelle expiatoire ou les décorations en bronze du Palais du Louvre pour le Roi Charles X... C’est avec son fils Auguste-Maximilien Delafontaine (1813-1892) que cette Maison, qu’il dirigera de 1840 à 1883, connaîtra sa période la plus féconde avec la création, par exemple, des portes et des candélabres « à l’antique » du Panthéon, mais également avec sa brillante activité de fondeur-éditeur d’Art de sculpteurs tels Barye, Pradier, Duret, Geoffroy-Dechaume, Schoenewerk…
Poursuivant ses activités, son fils Henri-Maximilien lui succédera en 1884 avant de se retirer des affaires en 1905.

Bibliographie:

Pierre- Alexandre Schoenewerk :
Catalogues d’Expositions :
L’Art en France sous le Second Empire, Paris/Grand Palais, 1979, pp. 85, 177-178
Un Age d’Or des Arts Décoratifs, 1814-1848, Paris/Grand Palais, 1991, pp. 337, 475, 478 et 532
Livres :
Devaux,( Y.), L’Univers des Bronzes et des Fontes Ornementales ,Chefs- d’œuvre et Curiosités 1850-1920, Paris, 1978, p. 242
Kjellberg, (P.), Les Bronzes du XIXe siècle, Tours, 1989, pp. 613-614

Auguste-Maximilien Delafontaine :
Revue :
Ledoux-Lebard, (D.), « Le destin exceptionnel de deux bronziers » dans L'Estampille, L'Objet d'art, mars 1989, N°223, pp. 60-71
Catalogue d’Exposition :
Un Age d’Or des Arts Décoratifs, 1814-1848, Paris/Grand Palais, 1991, pp. 472 et 519
Livres :
Alcouffe, (D.), Dion-Tenenbaum, (A.), Mabille, (G.), Les Bronzes d’ameublement du Louvre, Dijon, 2004, p. 300, fig. 152
Kjellberg, (P.) ibid
Metman, (B.) La Petite Sculpture au XIXe siècle dans Archives de l’Art Français, Paris, t. XXX, 1989, pp. 186-188
Musée du Louvre, Nouvelles acquisitions du département des objets d’art, 1995-2002, Paris, 2003, p. 194, fig. 112a

Atelier DL Didier Luttenbacher - Eric Gasquet, 68, rue du Vieux Village 84450 Jonquerettes, France - T + 33 (0)4 90 22 27 94 - M + 33(0)6 14 31 24 73 - M + 33 (0)6 03 83 65 31 - F + 33 (0)4 90 22 27 94. Sur rendez-vous. Stand N°: 63 Salon du Collectionneur, Grand Palais, avenue Winston Churchill, 75008 Paris. 11>20 septembre 2009, de 12h00 à 20h00