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Fondé à la veille de la Révolution, le musée des beaux-arts de Dijon réunit de façon exceptionnelle, l'architecture prestigieuse d'une résidence ducale devenue Palais des Etats de Bourgogne, et l'une des plus riches collections de France. L'héritage des ducs de Bourgogne lui vaut de présenter des chefs d'oeuvres incontestés de la fin du Moyen-Age. Ses collections encyclopédiques, issues à la fois de la période fondatrice de la Révolution et de la curiosité des collectionneurs, invitent aux découvertes les plus variées, de l'art égyptien au XXe siècle. Ouvert sur toutes les formes d'art, le musée propose régulièrement des expositions, visites,conférences, ateliers, spectacles, pour une découverte dynamique, parfois insolite, des collections.

Les collections du musée des Beaux-Arts de Dijon, comme celles de tous les grands musées de province, comportent des dizaines de milliers de pièces qui permettent d'évoquer l'art occidental et parfois oriental, depuis le IVe millénaire avant J.C. jusqu'à nos jours. La collection égyptienne, riche de 320 pièces, est constituée en grande partie par un dépôt du musée du Louvre, tandis que le reste des objets est entré par des legs aux XIXe et XXe siècles. Ce fut grâce à Albert Gayet que cet embryon de collection s'agrandit de façon notable. Né à Dijon en 1856, Albert Gayet dirigea les fouilles d'Antinoupolis en Moyenne-Égypte de 1896 à 1911.

Entre 1936 et 1938, trois donations particulières enrichirent encore ce fonds.
Riche d'une importante statuaire funéraire et religieuse, de deux sarcophages de pièces de céramique et de verrerie, d'objets de culte et d'objets de toilette, la collection de Dijon est plus particulièrement remarquable dans deux domaines.
Elle possède une série de onze portraits du Fayoum provenant des fouilles d'Antinoupolis, ainsi que des masque funéraires en plâtre.

Tout aussi remarquable est la collection des tissus coptes du fonds Gayet, qui compte 450 pièces, fragments de vêtements et de linge tissés et décorés.

En 1863, le musée de Dijon bénéficia de la dispersion entre le Louvre et les musées de province de la collection du marquis Campana effectuée par Napoléon III : 93 céramiques et trois sculptures antiques vinrent enrichir le fonds déjà existant, entré par don en 1842.

Au cours du XIXe siècle entrent par don des objets « d'antiquité » gaulois, étrusques, gallo-romains et romains : monnaies, statuettes, céramiques, poteries, verreries, objets divers.

Pierre et Kathleen Granville font entrer dans le cadre de leur trois donations, en 1969, 1974 et 1986, plus de 60 pièces (céramiques, statuettes, objets) représentant les civilisations égyptienne, grecque, étrusque, chypriote ainsi que celles du Moyen-Orient.

Cette collection s'est agrandie en 1992 grâce au généreux don du professeur Roland Martin, helléniste et archéologue. Constitué de céramiques de grande qualité datées du VIIIe au Ve siècle avant J.C., on remarque des pièces exceptionnelles, tels un petit rhyton à tête de bélier, un aryballe et une hydrie corinthiens, ainsi qu'un très beau lécythe blanc, sans doute athénien, décoré d'une scène funéraire. Plusieurs statuettes, dont deux idoles cycladiques, complètent ce riche ensemble. http://mba.dijon.fr/

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Anonyme égyptien, Portrait d'homme barbu. Egypte, Alexandre Sévère ?, 03e siècle. Egyptien, Bois : Peinture à l'encaustique. Hauteur : 40 ; Largeur : 28 ; Epaisseur : 2. Musée des Beaux-Arts de Dijon. GA 3 Legs Gayet, 1924, GA 3. Photographe : François JAY © Musée des Beaux-Arts de Dijon

Chez les Egyptiens, l'usage de protéger la tête de la momie, siège privilégié de son individualité, à l'aide d'un masque, remonte à l'Ancien Empire et perdure jusqu'à l'époque romaine. Le musée conserve un ensemble exceptionnel de onze portraits funéraires peints à l'encaustique sur une planchette de bois dits "du Fayoum". Saisissants de réalisme, ce sont les plus anciens témoignages de l'art du portrait peint. Ils datent de l'époque romaine (IIe et IIIe siècles ap. J.C.). Ce portrait d'homme est le seul de la série à présenter ses mains. Il s'agit d'un jeune homme barbu, aux cheveux bruns courts, vu de face sur un fond gris clair. La lumière venant de la gauche accentue l'effet de réalisme par l'ombre portée : regard aux yeux grand ouverts et aux sourcils épais, oreille gauche à peine détaillée. L'importance est mise sur le regard, animé par une minuscule touche blanche, posée sur l'iris de l'oeil, qui donne l'étonnante et émouvante impression d'un portrait vivant. Le buste et les mains sont rendus à coups de brosse assez larges et le modelé manque ainsi de rigueur. La main droite tient un petit bouquet végétal fait de longues feuilles vertes et de fleurs roses enfilées pour former une guirlande à laquelle on donne, en la repliant, la forme d'une boucle. C'est la "rose de Jéricho" qui symbolise la croyance à la vie éternelle. La main gauche tient, elle, un rameau aux feuilles lancéolées, sans doute du myrte. extrait de : Le musée des Beaux-Arts de Dijon, RMN, Musée des Beaux-Arts de Dijon, Paris, 2002 (notice de Catherine Gras)

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Anonyme grec, Coupe, Grèce, 13e siècle avant Jésus Christ. Grec, Terre cuite, Hauteur : 19 ; Largeur : 19 ; Diamètre du pied : 6. Musée des Beaux-Arts de Dijon. 1992-4-17 Don : Martin, 1992, 1992-4-17. Photographe : François JAY © Musée des Beaux-Arts de Dijon

En 1991, le doyen Roland Martin, helléniste et archéologue de renommée internationale, fait part de son désir de donner au Musée des Beaux-Arts sa collection personnelle, riche de 23 pièces antiques, qui entrera au musée le 17 juin 1992. Cette collection réunit diverses formes de vases, ainsi que des statuettes datant de différentes époques, du IIIe millénaire avant notre ère jusqu'au IIIe siècle av. J.C. Les dix-sept pièces de céramique, par leur type et leurs origines variées, témoignent de l'art du potier, humble, parfois malhabile, mais cependant très émouvant, car la céramique peinte reste pour nous le témoignage le plus direct de la vie quotidienne des Grecs. Vases destinés à contenir de l'huile ou des parfums, pour la toilette -alabastre, askos, aryballe- ou pour les rites funéraires -lécythe-, ou ustensiles de ménage utilisés pour la cuisine ou le repas -amphore, oenochoé, coupe, rhyton et cette exceptionnelle et élégante coupe mycénienne du Péloponnèse, dont on remarquera la pureté de la forme et la finesse du décor de coquillages stylisés. extrait de : Le musée des Beaux-Arts de Dijon, RMN, Musée des Beaux-Arts de Dijon, Paris, 2002 (notice de Catherine Gras)

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Anonyme grec, Hydrie, Egypte, fin 06e siècle avant Jésus Christ. Grec, Terre cuite, Hauteur : 45 ; Largeur : 35 ; Diamètre du col : 22,5. Musée des Beaux-Arts de Dijon. CA 1192 à 1227 Legs La Marche, 1842, CA 1207. Photographe : François JAY © Musée des Beaux-Arts de Dijon

Sur la panse de cette hydrie attique de la fin du VIe siècle est représenté un épisode de la mythologie grecque : la Dispute du trépied. Deux femmes debout de part et d'autre : Artémis, le carquois sur l'épaule et l'arc dans la main gauche ; à droite : Athéna casquée et revêtue de sa cuirasse d'écailles ; au centre Hermès, coiffé du pétase ; devant lui, Héraklès, à droite, brandissant de sa main gauche sa massue, et Apollon, à gauche, coiffé d'une couronne de laurier, tiennent tous les deux un trépied qu'ils se disputent. Cette scène bien connue est représentée sur certains monuments (fronton du Trésor des Siphniens à Delphes) de la légende d'Héraklès. A la fois héros et dieu, Héraklès se rend à Delphes afin d'interroger la Pythie, chargée de rendre les oracles d'Apollon, qui refuse de lui répondre. Héraklès, furieux, s'empare du trépied sur lequel s'installait la Pythie, prétendant établir ailleurs un oracle qui lui appartiendrait ; Apollon lutte vigoureusement afin de reprendre le trépied. Seul Zeus réussira à les séparer. Héraklès en sortira vaincu. Sur l'épaule de la panse, on trouve la lutte d'un personnage avec le Minotaure, devant cinq autres personnages. Faut-il y voir Héraklès capturant le taureau de Crète -l'un des douze travaux d'Héraklès-, ou Thésée tuant le Minotaure ? Des rehauts blancs et rouges soulignent les détails, accentuant le grand réalisme de ce décor. extrait de : Le musée des Beaux-Arts de Dijon, RMN, Musée des Beaux-Arts de Dijon, Paris, 2002 (notice de Catherine Gras)

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Anonyme égyptien, Masque funéraire, Egypte, fin 01er siècle - début 02e siècle. Egyptien, Plâtre. Hauteur : 27,5 ; Largeur : 17 ; Profondeur : 14. Musée des Beaux-Arts de Dijon. Cat. Egypte 1997 n° 177 : dépôt du Musée du Louvre, Paris, 1926, Cat. Egypte 1997 n° 177. Photographe : François JAY © Musée des Beaux-Arts de Dijon

La collection du musée comprend cinq masques funéraires en plâtre, dont un masque plastron masculin, sur lequel sont modelées les mains tenant un élément funéraire (bouquet floral). Les trois masques féminins sont de très beaux exemples datant de la fin du Ier siècle et du début du IIe siècle ap. J.C. L'un d'entre eux présente un visage à l'ovale plein, les yeux grand ouverts sous les arcades sourcilières marquées, la bouche de même largeur que les narines, encadrées de commissures profondes, le menton rond ; le cou est strié de trois rides horizontales. La coiffure, peinte en noir comme les pupilles, est encore proche de celles de l'époque des Ptolémée, avec les petites boucles serrées sur le front et les deux longues mèches torsadées derrière les oreilles ; par contre, la chevelure, disposée en larges ondulations sur le sommet de la tête, rappelle la mode romaine ; le haut de la coiffure est ceint d'une couronne peinte en rose. La défunte est parée de ses bijoux : boucles d'oreille en anneaux ouverts portant un décor sur le devant et un long collier de perles de formes variées : rondes, rectangulaires et oblongues. Tous ces détails, rendus de façon fort réaliste, diffèrent d'un portrait à l'autre et permettent de bien individualiser les défunts, même si ces visages en trois dimensions sont moins expressifs et moins dotés de vie que les effigies colorées peintes à l'encaustique sur bois. extrait de : Le musée des Beaux-Arts de Dijon, RMN, Musée des Beaux-Arts de Dijon, Paris, 2002 (notice de Catherine Gras)

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Anonyme égyptien, Cavalier au galop (fragment de tunique). Egypte, milieu du 04e siècle. Egyptien, Laine. Hauteur : 21,5 ; Largeur : 20. Musée des Beaux-Arts de Dijon. S.1. OA. T Legs Gayet, 1924, S.1. OA. T. Photographe : François JAY © Musée des Beaux-Arts de Dijon

Le musée conserve un fonds exceptionnel de tissus dits "coptes", provenant des nécropoles d'Antinoupolis fouillées par Albert Gayet. Ces tissus sont l'expression de l'art grec d'Egypte. Ils sont l'oeuvre d'artisans locaux ayant profité de l'exceptionnel savoir-faire des teinturiers et foulons, d'une part, et de l'abondance, sur l'importante place commerciale d'Antinoupolis, de matières tinctoriales les plus diverses provenant des Indes, d'Arabie et de Syrie, d'autre part. Ces pièces textiles, décors et vêtements, étoffes d'ameublement, en laine ou en lin brodé, offrent un tableau de la vie quotidienne, des paysages (faune des bords du Nil), des préoccupations religieuses ou intellectuelles. Les décors géométriques, certains d'inspiration chrétienne, riches et variés, fort colorés, témoignent des influences byzantines, syriennes et orientales ayant pénétré l'Egypte hellénistique. Ce fragment de tunique présente, dans un médaillon central, un cavalier au galop accompagné de son chien, et aux quatre angles, quatre lions symétriques séparés par quatre vases dont jaillissent des pampres, se rejoignant de part et d'autre. On notera ici, dans le rendu des proportions et le traitement des visages, une forte influence hellénistique. extrait de : Le musée des Beaux-Arts de Dijon, RMN, Musée des Beaux-Arts de Dijon, Paris, 2002 (notice de Catherine Gras)