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PARIS [14.12.09] – Dans une lettre ouverte publiée dans Libération, des hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères contestent les réformes engagées par le ministre Bernard Kouchner. En cause : la réorganisation de l’administration centrale de mars 2009, et le manque de moyens accordés aux instituts culturels à l’étranger.

Une « douzaine de hauts fonctionnaires du Quai d’Orsay » regroupé dans le cercle Paul Claudel ont publié dans Libération une lettre ouverte pour dénoncer, selon eux, la « négligence » et l'« inconstance » de leur ministre Bernard Kouchner.

La cause de leur mécontentement est la réforme du réseau culturel français à l’étranger, initiée au début de l’année 2009. Ils dénoncent une dérive économique prônant la rentabilité des structures culturelles des ambassades, des restrictions budgétaires pour les actions culturelles, et une mauvaise gestion du principal outil de la diplomatie d’influence française, l’agence CulturesFrance.

L’administration générale du ministère des Affaires étrangères a été profondément réorganisée en mars 2009. Un décret a porté création de la Direction générale de la mondialisation, du développement et des partenariats (DGM) qui est décrite six mois plus tard par le cercle Paul Claudel comme « un nouveau monstre » .

En novembre 2009, un rapport de la commission des affaires étrangères du Sénat a pointé le manque cruel de moyens alloués aux services culturels des ambassades, et noté la fermeture de plusieurs centres et instituts culturels à l’étrangers : une réduction d’un tiers des implantations en Europe occidentale entre 1999 et 2005.
Selon la commission, « on peut se demander si le véritable objectif de cette réforme n’est pas de poursuivre le mouvement de fermeture de centre ou d’instituts culturels » , ajoutant : « il est nécessaire de mettre fin à la forte diminution des crédits consacrés à notre action culturelle à l’étranger. »

CulturesFrance devrait être transformée en établissement public, refondue en une agence de coopération culturelle sous tutelle du ministère des Affaires étrangères. Le nom de l’écrivain Jean-Christophe Rufin, actuellement ambassadeur au Sénégal, circule pour prendre la tête de cette nouvelle agence, à la place d’Olivier Poivre d’Arvor donné partant.

Avec une diplomatie culturelle en crise, Bernard Kouchner va devoir engager des moyens importants pour avoir les ambitions de sa réforme : les 40 millions d’euros de « budget exceptionnel » prévus pour soutenir la réforme risquent fort de ne pas être suffisants. Copyright artclair.com