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Jean Auguste Dominique INGRES (Montauban 1780 - Paris 1867), Portrait de Charles Marie Jean Baptiste Marcotte dit Marcotte d'Argenteuil. photo courtesy De Maigret Thierry

Mine de plomb, sur son montage d'origine, signée, datée et dédicacée en bas à droite Ingres Delineavit / 1828 / à madame / marcotte d'Argenteuil 31 x 24 cm - Estimation : 300 000 - 350 000 €

Provenance : Collection Madame Charles Marcotte d'Argenteuil, née Louise Becquet de Layens, Paris, jusqu'en 1862 ; Collection Charles Marcotte d'Argenteuil, Paris, jusqu'en 1864 ; Collection Joseph Marcotte, son fils, Paris, jusqu'en 1893 ; Collection Madame Joseph Marcotte, née Paule Aguillon, Paris, 1922 ; Collection Madame Marcel Pougin de la Maisonneuve, née Elisabeth Marcotte, Paris, jusqu'en 1939 ; Collection Monsieur et Madame de ..., Mme née de La Maisonneuve, Paris.

Expositions : Dessins [ d'Ingres] tirés de collections d'amateurs, Paris, Salon des Arts Unis, 1861, n°69 ; Ingres, Paris, Ecole des Beaux - Arts, 1867, n°375 ; Dessins de l'école moderne, Paris, Ecole des Beaux - Arts, 1884, n° 389 ; Ingres, Paris, Galerie Georges Petit, 1911, n° 131 ; Ingres et Marcotte, Lettres, documents, dessins et gravures, Paris, Institut Néerlandais, 2001, n° 21, reproduit fig. 13 ; Dessins romantiques des collections privées parisiennes, Paris, Musée de la Vie Romantique, 2001, n° 37, reproduit.

Bibliographie : A. Magimel, OEuvres de J.A. Ingres, Paris, 1851, n° 15, illustré par la gravure d'Achille Réveil ; E. Saglio, « Un nouveau tableau de M. Ingres, liste complète de ses oeuvres », La Correspondance littéraire, Paris, 5 février 1857, p. 79 ; E. Galichon, « Description des dessins de M. Ingres exposés au Salon des Arts Unis », Gazette des Beaux Arts, Paris, 15 mars 1861, p. 360 - 361 ; Ch. Blanc, Ingres, sa vie et ses ouvrages, Paris, 1870, p. 238 ; H. Delaborde, Ingres, sa vie, ses travaux, sa doctrine d'après les lettres manuscrites et les lettres du maître, Paris, 1870, n° 363 ; H. Lapauze, Les dessins de J.A.D. Ingres du Musée de Montauban, Paris, 1901, p. 267, illustré par la gravure de Luigi Calamatta ; H. Lapauze, Les portraits dessinés de J.A.D. Ingres, Paris, 1903, n° 62, reproduit ; H. Lapauze, Ingres, Paris, 1911, p. 286, reproduit p. 265 ; L. Hourticq, Ingres, Paris, 1928, reproduit pl. 68 ; H. Naef, "Ingres Portraits of the Marcotte Familly..., The Art Bulletin, New York, décembre 1958, pp. 336 - 345, reproduit fig. 13 ; H. Naef, Die Bildniszeichnungen von J.A D. Ingres, Vol.II, Berne, 1978, p. 519, reproduit fig 14 et vol. V, Berne, 1980, n° 308, reproduit ; D. Ternois, « Lettres d'Ingres à Marcotte d'Argenteuil. Dictionnaire », Archives de l'Art français. Nouvelle période, tome XXXVI, Nogent le Roi, 2001, Portraits dessinés de la famille Marcotte, reproduit fig. 9 ; A. Serullaz, « Le portrait de Charles Marcotte d'Argenteuil par Jean-Auguste Dominique Ingres », Revue du Louvre, avril 2006, p.13. d'Argenteuil d'une des propriétés de la famille.

Fils d'un receveur des fermes, il entra de bonne heure dans l'administration et fit toute sa carrière aux Eaux et Forêts. En 1807, il fut envoyé en Italie à la demande de Napoléon pour créer le service général des Eaux et Forêts dans toutes les provinces italiennes réunies à la France. Il travailla à Gênes, à Parme et en Toscane avant d'arriver à Rome en 1810. C'est là qu'il rencontra Ingres. Son séjour à Rome dura environ deux ans. Il fut envoyé ensuite en Hollande et en Allemagne et rentra définitivement en France en 1814. Il fut inspecteur général des Eaux et Forêts puis directeur général en 1817, et enfin administrateur général en 1820. Il dirigea l'Administration des Forêts en 1830 avant de prendre une retraite anticipée en 1836.

Daté de 1828, notre portrait est le quatrième qu'Ingres réalisa de son ami. Les trois premiers furent réalisés à Rome en 1810 / 1811 lors de leur séjour commun :

- Le portrait peint de Charles de trois quart (Toile, 94 x 69,5 cm, signé et daté en bas à droite Ingres.pinx. rome. 1810 ; voir en dernier lieu le catalogue de l'exposition Portraits by Ingres, Londres, New York et Washington, 1999, n°26, reproduit). Peint pour être envoyé de Rome à la mère du modèle, il est aujourd'hui conservé à la National Gallery de Washington.

- Le portrait dessiné de Charles de profil (21,9 x 15,7 cm, signé localisé et daté Ingres / rome / 1811 ; voir Naef, volume II, n°64, reproduit) qui est resté dans la famille du modèle.

- Le portrait dessiné de Charles de trois quart devant le Vatican (25 x 19,2 cm, signé localisé et daté Ingres à Rome / 1811 ; voir Naef, volume II, n°65, reproduit) entré au Louvre en 2006.

Ce portrait fut réalisé à l'occasion du mariage de Charles Marcotte, le 11 février 1828, avec Louise Becquet de Layens. Ingres le lui offrit. Resté longtemps célibataire, Charles épousa la fille de sa soeur à l'âge de 54 ans. Le couple s'installa d'abord dans la maison familiale de la rue du Faubourg Poissonnière à Paris. Ils eurent trois enfants : Marie, Joseph et Louise. A la mort de Madame Marcotte mère, la maison fut vendue en 1834, et le couple s'établit alors rue Saint Lazare. En 1836, Charles Marcotte fit l'acquisition de la propriété du Poncelet, près de Meaux, où la famille passa la majeure partie de l'année, et où Ingres et sa femme séjournèrent souvent. Notre dessin fut gravé en 1851 par Achille Réveil et en 1868 par Luigi Calamatta.

Certificat de libre circulation n°115442 en date du 8 février 2010

De Maigret Thierry. DESSINS ANCIENS et du XIXème siècle. Mercredi 24 mars à 14h30. HOTEL DROUOT SALLE 7. EMail : contact@thierrydemaigret.com - Tél. : 01 44 83 95 20