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Valérie Jouve, Sans titre, 2010. Photographie couleur. Courtesy Centre Pompidou © Valérie Jouve

Le Centre Pompidou est la première grande institution parisienne à présenter une exposition personnelle de Valérie Jouve. Certaines images, inédites, rassemblées dans cette exposition ont été réalisées en 2008 et 2009.

Cet ensemble de Valérie Jouve développe une réflexion sur la présence de l'humain dans la ville. Valérie Jouve a concentré son regard sur les communautés et populations arabes dans les territoires autonomes palestiniens.

«Je vois cet espace d'exposition comme une grande composition visuelle, qui fasse non pas comprendre ce monde arabe, mais qui fasse sonner des lignes, des couleurs pour tenter de mettre le spectateur dans un état physique de sensation de ce monde».

Ce parcours, à l'image des travaux antérieurs de l'artiste, inscrit de manière documentaire, poétique et politique, des individus dans un espace par le biais du cadrage, voire du montage d'images. Fluidité des corps contre rigueur des structures: cette dualité fonde sa démarche, structure ses films et ses photographies. L'artiste a précisément conçu sa proposition pour le Centre Pompidou, jouant ainsi pleinement de l'espace de la Galerie d'art graphique du Musée national d'art moderne. Elle y fait dialoguer des images de dimensions et de statuts différents, et organise leur confrontation.

Valérie Jouve, née en 1964 à Saint-Étienne, vit et travaille à Paris. Anthropologue de formation, elle décrypte notre société et ses aspects de théâtralité quotidienne par la mise en scène photographique de moments grâce à des «images jouées» ou «performées». Elle considère que ces photographies ont une valeur documentaire sans pour autant nier la dimension politique ou sociologique que cet aspect sous-entend. Ses oeuvres y associent toutefois une certaine mélancolie poétique.

Le monde urbain est un des thèmes centraux de l'oeuvre de Valérie Jouve. Fascinée par la ville, elle capte ses personnages, leurs comportements et saisit cette représentation quotidienne que nous impose la ville en figeant, à travers la photographie, tout ce qui forme son identité. La question du traitement de l'espace est au coeur du sujet: il s'agit de comprendre comment la figure confère une présence à ce qui l'entoure.

L'architecture intervient comme forme emblématique de l'espace que se donne l'individu pour exister. Ce décalage entre conscience collective et individuelle se trouve ainsi posé en termes esthétiques.

Un ouvrage retraçant l'ensemble des oeuvres de l'exposition est édité par les éditions du Centre Pompidou.

23 juin-13 sept. 2010. Vernissage le 22 juin 2010