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Christophe Blanc, Je suis la fin des haricots, sérigraphie, 62 x 40 cm, 2009 © Christophe Blanc

Du 1er au 31 octobre 2010 se déroulera la 3ème édition de la biennale d’art contemporain du Havre. L’événement s’attachera à explorer les relations actuelles liant la bande dessinée à l’art contemporain. « On savait déjà depuis longtemps que le roman englobait à la fois Oui Oui et Histoire d’0, et que le cinéma de Jugnot n’était pas le même que celui de Godard. On découvre tardivement que Persépolis (Marjane Satrapi) ne concourt pas dans la même catégorie que Michel Vaillant (Michel Graton) »

En 2005, cette affirmation humoristique d’Evariste Blanchet permettait de comprendre qu’il existait plusieurs bandes dessinées tout en suggérant la nécessité de répertorier et d’analyser ce que l’on pourrait nommer la bande dessinée contemporaine.

Mais comment définir la bande dessinée contemporaine et peut-il exister une bande dessinée produite aujourd’hui qui ne soit pas contemporaine ? On affirmera, par analogie avec l’art contemporain, que toute la bande dessinée ne peut être contemporaine au même titre que l’on qualifie difficilement d’art contemporain, l’oeuvre d’un artiste qui peint, encore de nos jours, des « Poulbots» à Montmartre ou des « Marines » pour une galerie du Touquet et cela quelque soit la virtuosité proposée.

On remarquera que la bande dessinée contemporaine possède une histoire largement enregistrée et commentée et que nombreux sont les artistes qui défient depuis des décennies le genre : de Gilbert Shelton à Aurélie William-Levaux, en passant par Moebius, Philippe Druillet, Chris Ware, Christophe Blain et tant d’autres. On ajoutera alors qu’un auteur se doit d’avoir conscience d’appartenir à cette histoire et qu’il se doit de maltraiter son médium en multipliant les hybridations avec les autres disciplines artistiques pour en faire jaillir des aspects inconnus.

Enfi n, on en conclura que le rôle d’une biennale comme celle du Havre est de répertorier, de façon non exhaustive, les plus convaincantes de ces hybridations,au sens latin du mot, au sens «de sang mêlé». Alain Berland

 

The third edition of the Le Havre contemporary art biennale will take place from 1 to 31 October 2010. The event will be dedicated to the exploration of the relations between comics and contemporary art.

«We knew for a long time that literature included works ranging from Winnie the pooh to Histoires d’O, and that Ben Affleck’s movies were not similar to Jean-Luc Godard’s. We just discovered that Marjane Satrapi’s Persépolis was not competing with Jean Graton’s Michel Vaillant.»

In 2005, this humoristic asumption by Evariste Blanchet allowed us to understand that there were different types of comic boods, while suggesting that there was a real need to classify and define contemporary comic book art.

But how can we define contemporary comics art, and is there comic book art created today that cannot be classified as « contemporary » ? One could assume that, as for contemporary art, all comics cannot be called « contemporary » ; the works of an artist painting Montmartre «Poulbots» or « Marines » for an art gallery in Le Touquet can hardly be called contemporary, even if the execution shows genuine virtuosity.

One will point out the fact that contemporary comics have a long history, which has been widely referenced and commented on, and that a number of artists throughout the past decades have challenged the boundaries of the genre : from Gilbert Shelton to Aurélie William-Levaux, Moebius, Philippe Druillet, Chris Ware, Christophe Blain and many others. And creators have to be aware of the fact that they belong to this history, and have to mistreat their medium by multiplicating hybridisations with other artistic specialities to make unknown aspects emerge.

One could conclude that the purpose of an event such as the Le Havre contemporary art biennale is to reference, in a non-exhaustive way, the most convincing of these hybridisations. A word that has to be understood in its latin meaning, « mixed blood ».

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Hippolyte Hentgen, sans titre, acrylique et encre sur papier Arches, 172,5 x 114 cm, 2010 © Hippolyte Hentgen

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Hippolyte Hentgen, sans titre, acrylique et encre sur papier Arches, 172,5 x 114 cm, 2010 © Hippolyte Hentgen

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Vaughn Bodé, Body Boat, 1971 © Vaughn Bodé

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Vaughn Bodé, Cheech Wizard,1975 © Vaughn Bodé

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Gérard Deschamps, Choo Choo, pneumostructure, 110 x 80 cm, 2004 © galerie martinethibaultdelachâtre

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Jochen Gerner, Abstraction, planche n° 30 / 60, encre noire sur support imprimé, 17,8 x 12,7 cm, 2010 © Jochen Gerner

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Brecht Evens, Les Noceurs, Tu avais envie de te battre avec une épée..., écoline, encre de chine, gouache, crayon & stylo, 42 x 34 cm, 2008 © Brecht Evens

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Ilan Manouach, Uterus, encre sur papier, 25 x 35 cm, 2010 © Ilan Manouach

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Florent Ruppert & Jérôme Mulot, 10 x 10, post-Its, 20 x 16 cm, 2007 © Ruppert & Mulot / Atrabile