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Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson, Portrait de Mustapha, 1819, 55,7 x 47,1 cm. Huile sur toile © J. Faujour/musée Girodet, Montargis

Des artisans entourés d'objets aux multiples couleurs et textures, des silhouettes féminines tantôt voilées de mystère et de discrétion tantôt représentées dans toute leur sensualité, des vestiges de civilisations disparues ou de paysages désertiques qui appellent à la contemplation...

Ce ne sont là que quelques-uns des nombreux sujets que les artistes occidentaux ont empruntés à l'Orient. Tant des personnalités les plus illustres de l'histoire de l'art que des figures moins connues ont commis ce doux péché - pensons seulement à Delacroix, Deutsch, Gérôme, Lecomte du Nouÿ, Hamdi Bey, Renoir ou Kandinsky. Autour d'une série de thèmes divers, l'exposition présente un tour d'horizon de l'engouement pour l'orientalisme, ses raisons et ses formes d'expression dans les Beaux-Arts du XIXe siècle (1798-1914).

Une sélection de qualité d'oeuvres venues d'Europe, des États-Unis et du Moyen-Orient, complétée par une série provenant de collections muséales et privées belges, transporte le visiteur dans un monde où se mêlent fantaisie et réalité. Les peintures, les dessins et les sculptures témoignent d'une vision occidentale de l'Orient. Plusieurs facteurs, tels que le développement des moyens de locomotion, les conceptions scientifiques de l'époque, les intérêts politiques et le romantisme, ont façonné cette représentation du monde musulman.

Portrait de l'Oriental

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Pierre Nolasque Bergeret, Filippo Lippi, esclave à Alger, fait le portrait de son maître, 1819, 80,5 x 100 cm. Huile sur toile. Musée d'art Thomas-Henry, Cherbourg-Octeville © artistic photo

Bergeret emprunte le sujet de cette toile à Giorgio Vasari, l'artiste touche-à-tout du XVIe siècle qui s'est surtout fait un nom en tant que biographe. Dans ses Vite (1550), un recueil de biographies d'artistes, il décrit la capture de Filippo Lippi par les Maures. Lippi réussit à obtenir sa libération en faisant un portrait fidèle de son ravisseur au fusain. L'anecdote s'appuie sur le lieu commun qui veut que les musulmans ne soient pas habitués aux images figuratives. C'est le réalisme du portrait qui impressionne le Maure et le conduit à accorder l'amnistie à Lippi.

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Camille Corot, Le peintre Dumax en costume arabe, ca.1860, 33,5 x 22,5 cm. Huile sur toile. Collection Privée © Vincent Everarts Photographie

Égyptomanie!

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Jean Charles Tardieu, Halte de l'armée française à Syène, 2 février 1799, 1812, 112 x 164 cm. Huile sur toile. Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon © RMN (Château de Versailles) / Daniel Arnaudet / Jean Schormans

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François Benouville, Portrait de Leconte de Floris en uniforme de l'armée égyptienne, 1840, 134 x 90 cm. Huile sur toile © Dahesh Museum of Art, New York, USA / The Bridgeman Art Library

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Charles Gleyre, Le Ramesseum, Thèbes, 1840, 36 x 49 cm. Huile sur toile. Musée Cantonal des Beaux-Arts de Lausanne © Photo: J.-C. Ducret

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Germann-August von Bohn, La mort de Cléopâtre, 1841, 90 x 134 cm. Huile sur toile. Nantes, Musée des Beaux-Arts © RMN / Gérard Blot

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Théodore Chassériau, La mort de Cléopâtre, (fragment: tête d'une servante), ca 1845, 62 x 52 cm. Huile sur toile. Marseille, Musée des Beaux-Arts. © Photo : J. Bernard

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Jean-Léon Gérôme, Vue de la plaine de Thèbes (Haute-Égypte), 1857, 76 x 31 cm. Huile sur toile. Nantes, Musée des Beaux-Arts © RMN / Gérard Blot

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Carl Werner, A l'entrée du temple d'Abou-Simbel, ca. 1864 - 1894, 190 x 122 cm. Huile sur toile. Collection Privée © Vincent Everarts Photographie

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Edward Poynter, Israël en Égypte, 1867, 137,2 x 317,5 cm. Huile sur toile © Guildhall Art Gallery, City of London

L'imposant Israël en Égypte du Britannique Sir Edward Poynter combine égyptomanie et historicisation des sujets bibliques. Dans un décor éclectique de monuments de l'ancienne Égypte, Poynter représente l'exil égyptien des Israélites. Il tire cette histoire du livre de l'Exode, dans l'Ancien Testament. L'oeuvre remporte un franc succès lorsqu'elle est montrée pour la première fois en public en 1867, à la Royal Academy de Londres.

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Lawrence Alma Tadema, La Mort du premier-né de Pharaon, 1872, 75,9 x 122,9 cm. Huile sur toile © Rijksmuseum, Amsterdam. Don des héritiers de L. Alma Tadema

Le peintre néerlandais Lawrence Alma Tadema fait carrière en réalisant des tableaux d'histoire idéalisés où l'Antiquité classique occupe une place centrale. Pour lui comme pour ses collègues Hunt, Poynter ou Tissot, les récits bibliques constituent une source d'inspiration importante. Dans cette oeuvre, il illustre la dixième et dernière plaie d'Egypte, où la mort fauche tous les premiers-nés des familles égyptiennes. Le fils aîné du pharaon n'échappe pas à la malédiction.

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Lawrence Alma Tadema, Joseph, contremaître des greniers de Pharaon, 1874, 35 x 45,7 cm. Huile sur panneau © Dahesh Museum of Art, New York, USA / The Bridgeman Art Library

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Hans Makart, La mort de Cléopâtre, 1874/1876, 191 x 254 cm. Huile sur toile © Museumlandschaft Hessen Kassel, Neue Galerie Leihgabe der Bundesrepublik Deutschland

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Ernst Körner, Le Temple de Karnak. La grande salle hypostyle, 1890, 79,4 x 46,4 cm. Huile sur toile © Dahesh Museum of Art, New York, USA / The Bridgeman Art Library

Un échiquier politique

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Pierre Narcisse Guérin, Bonaparte pardonnant aux révoltés du Caire sur la Place d'Elbékir, ca. 1806 50 x 75 cm. Huile sur papier marouflé sur toile Musée des Beaux-Arts de Caen © Martine Seyve Photographe

Le 21 octobre 1798, la population cairote se soulève contre le régime français. Trois mois plus tôt, le corps expéditionnaire français du général Napoléon Bonaparte s'est rendu maître de la ville égyptienne en écrasant les seigneurs locaux. L'insurrection de fin octobre est assez rapidement sous contrôle. Napoléon, pour qui Alexandre le Grand est un modèle, veut montrer à quel point il est un chef magnanime en accordant grâce à ses ennemis. Le tableau de Guérin est commandé par l'Etat français en 1806.

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Jean-Léon Gérôme, Les recrues égyptiennes traversant le désert,  1857, 61,6 x 106 cm. Huile sur toile. Collection privée © NAJD Collection

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Benjamin-Constant, Le Roi du Maroc allant recevoir un ambassadeur européen, ca. 1872-1902, 153,3 x 106 cm. Huile sur toile. Collection privée © NAJD Collectionca. 1872-1902

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Gustav Bauernfeind, Jaffa. Recrutement de soldats turcs en Palestine, 1888, 148 x 281 cm. Huile sur toile © Dahesh Museum of Art, New York, USA ©  The Bridgeman Art Library,

Pendant son séjour à Jaffa en 1885, le peintre allemand Gustav Bauernfeind écrit :
« Ce que j'ai vu là durant le départ des conscrits militaires [pour l'armée ottomane], avec les femmes qui les poursuivaient dans des petites barques loin dans la mer, tenant leurs enfants qui, souvent, ne pouvaient être sauvés qu'en prenant de grands risques, ou la scène dans les rues où des pères âgés qui veulent embrasser leurs fils pour la dernière fois sont frappés à coups de gourdin par les soldats, fournira également de la matière pour quelques tableaux intéressants. » (cat. exp. pp. 48-49)

Au-delà du Grand Tour

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Théodore Géricault,  Un pacha, d'après un portrait officiel du sultan Mustapha IV, ca. 1818-1820, 38 x 27,5 cm. Huile sur papier marouflé sur toile. Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles © Photographie : J. Geleyns

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Joseph-Denis Odevaere, Victoire navale de Canaris sur les Ottomans, 1828, 82 x 98 cm. Huile sur bois. Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles © Photographie : J. Geleyns

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Eugène Delacroix, Le Kaid, chef marocain, 1837, 98 x 126 cm. Huile sur toile. Nantes, Musée des Beaux-Arts © RMN / Gérard Blot

Eugène Delacroix fait partie du premier contingent d'artistes qui explore l'Orient. En 1832, deux ans après l'occupation française du nord de l'Algérie, il se rend en voyage au Maroc avec le comte de Mornay. Le but principal de la mission est politique : convaincre le sultan Abd al-Rahman de ne pas prendre part aux insurrections qui ont lieu chez son voisin algérien. L'impact artistique de ce voyage est toutefois au moins aussi important. Le voyage marocain fournit à Delacroix des sujets qui façonneront le reste de son oeuvre.

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David Roberts, L'Entrée du grand temple de Baalbek, 1841, 75,8 x 61,8 cm. Huile sur panneau © Royal Academy of Arts, Lond

En automne 1839, David Roberts entame un circuit en Égypte et au Levant. Il visite notamment la ville libanaise de Baalbek, un site romain classique, et note dans son journal (le 4 mai 1839) : « Ai commencé mes études du temple, mais donner une idée de sa grandeur à la mine de plomb ou à la plume est tâche impossible. La beauté de sa forme, l'exceptionnelle richesse de ses ornements et sa taille énorme... sont sans égales. »

Les impressions artistiques de voyage de Roberts seront diffusées auprès d'un large public grâce à l'ouvrage The Holy Land, Syria, Idumea, Arabia, Egypt and Nubia.

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Jean-Léon Gérôme, Femme voilée, ca.1850-1900, 68 x 35 x 16 cm. Techniques mixtes. Collection privée © Vincent Everarts Photographie

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Eugène Delacroix, Vue de Tanger, 1852-53, 45,09 x 54,61 cm. Huile sur toile © Lent by The Minneapolis Institute of Arts, Gift of Georgiana Slade Reny

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Gustav Bauernfeind, Les Ruines du temple de Baalbek, 1882, 85 x 53 cm. Huile sur toile. München, Bayerische Staatsgemäldungen, Neue Pinakothek Bauernfeind, Bayer. Staatsgemäldesammlungen © Blauel/Gnamm - ARTOTHEK

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Jules Laurens, Tête de voie romaine en Bythinie, ca 1896, 104 x 80 cm. Huile sur toile. Marseille, Musée des Beaux-Arts. © Photo: J. Bernard

Un pays mauresque oublié

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François Antoine Bossuet, Paysage du sud de l'Espagne (avec les vestiges d'un aqueduc mauresque, situé sur l'Adra à Ugyar), 1850, 58,5 x 49 cm. Huile sur toile. Museum voor Schone Kunsten Gent © Lukas - Art in Flanders vzw

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Henri Regnault, Un Espagnol, ca. 1869, 51 x 31 cm. Huile sur toile © Dahesh Museum of Art, New York, USA / The Bridgeman Art Library

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Marie-Félix-Edmond de Boislecomte, Palier des executions à l'Alhambra de Grenade, 1878, 130 x 100 cm. Huile sur toile. Pau, musée des Beaux-Arts © Photo Jean-Christophe Poumeyrol

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Joaquín Sorolla, Troupes et esclaves à la parade près des portes de la ville, ca. 1900, 50 x 73 cm. Huile sur toile. Collection Privée © Vincent Everarts

Cette esquisse à l'huile virevoltante de Joaquin Sorolla est la préparation d'une illustration de livre devant accompagner le poème de José Zorrilla L'attaque surprise de Zahara. L'histoire nous ramène en 1481 : le calife Abu I Hasan Ali reprend la ville andalouse de Zahara de la Sierra aux chrétiens. La reconquista des souverains catholiques est par là quelque peu freinée... Le peintre Sorolla, de Valence, aborde ici un élément de l'histoire nationale qui a longtemps été passé sous silence dans les arts ibériques.

Au nom de la science

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Charles Gleyre, La Nubienne, 1838, 220 x 109 cm. Huile sur toile. Musée Cantonal des Beaux-Arts de Lausanne. © Photo: J.-C. Ducret

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Charles Cordier, Saïd Abdallah, 1848, 84 x 49 x 37 cm. Bronze © Musée de l'homme, Paris

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Charles Cordier, Arabe d'el Aghouat, 1856, 56 x 35 x 30 cm. Bronze © Musée de l'homme, Paris

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Charles Cordier, Arabe de Biscara, 1856. Buste en bronze avec patine noire, 43 x 27 x 28 cm © Musée de l'homme, Paris© Musée de l'homme, Paris

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Charles Cordier, Kabyle de Badjara, 1856, 67 x 44 x 35 cm. Bronze © Musée de l'homme, Paris

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Charles Cordier, Nègre de Soudan, 1856, 57 x 36 x 27 cm. Bronze © Musée de l'homme, Paris

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Charles Cordier, Nègre de Soudan, ca. 1857, 42,5 x 15,9 cm. Bronze. Dahesh Museum of Art, New York © Dahesh Museum of Art, New York, USA / The Bridgeman Art Library

Les sculptures ethnographiques sont la marque de fabrique du Français Charles Cordier. En 1856, il se rend en Algérie avec une bourse de l'Etat pour y étudier les différents groupes de population d'un point de vue artistique. Ce buste en bronze argenté est une reprise du buste en marbre et bronze qui a été présenté au public au Salon de 1857.

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Charles Cordier, Mauresque d'Alger chantant, 1858, 74 x 44 x 27 cm. Buste en marbre peint et doré © Musée de l'homme, Paris

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Isodore Pils, Arabe assis, ca. 1861-1862, 27,3 x 26 cm. Huile sur toile © Dahesh Museum of Art, New York, USA / The Bridgeman Art Library

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Isodore Pils, Tête de Kabyle. ca. 1861-62, 29 x 25 cm. Huile sur toile © Musée d'art et d'histoire de Narbonne

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Benjamin-Constant, Arabes assis, 1877, 22,9 x 33 cm. Huile sur toile © Dahesh Museum of Art, New York, USA / The Bridgeman Art Library

Rêves hédonistes...

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Jean-Auguste Dominique Ingres, La Petite Baigneuse, 1826, 32,7 x 25,1 cm. Huile sur toile © The Philips Collection, Washington DC © Photographie : Edward Owen 032789

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Henri Félix Emmanuel Philippoteaux, Le Rapt, ca. 1884, 46,5 x 38 cm. Huile sur toile. Collection Privée © Vincent Everarts Photographie

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Eugène Delacroix, La mort de Sardanapale, 1844, 73,7 x 82,4 cm. Huile sur toile, The Henry P. McIlhenny Collection
in memory of Frances P. McIlhenny. Philadelphia Museum of Art

« Les révoltés l'assiégèrent dans son palais [...]. Couché sur un lit superbe, au sommet d'un immense bûcher, Sardanapale donne l'ordre à ses eunuques et aux officiers du palais d'égorger ses femmes, ses pages, jusqu'à ses chevaux et ses chiens favoris ; aucun des objets qui avaient servi à ses plaisirs ne devait lui survivre. ». Eugène Delacroix, livret du Salon (2e supplément), 1827

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Jean-Léon Gérôme, Le harem à la kiosque, ca. 1870-1875, 76,2 x 111,8 cm. Huile sur toile. Collection privée © NAJD Collection

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Georges Clairin, L'entrée au harem, 1870, 81,9 x 65 cm. Huile sur toile © The Walters Art Museum, Baltimore, Maryland

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Jean-Léon Gérôme, Le bain maure, ca. 1889-1890, 33,7 X 43,2 cm. Huile sur toile. Collection privée © NAJD Collection

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Jean Lecomte du Nouÿ, L'Esclave blanche, 1888, 149,5 x 118,3 cm. Huile sur toile. Nantes, Musée des Beaux-Arts © RMN / Gérard Blot

Cette séduisante dame de harem à la chevelure rousse incarne les fantasmes érotiques que les Européens projettent sur l'Orient. Les tentations du sérail contrastent avec la morale occidentale. Dans cet autre monde, certaines choses sont autorisées que la société occidentale ne tolère pas.

Un nu sensuel tel que L'esclave blanche représenté dans un intérieur bourgeois contemporain est impensable. Les mets exotiques raffinés, le décor luxueux, la fumée de tabac qui dessine des volutes dans l'espace... sont des éléments qui déterminent dans une large mesure l'attrait que l'Orient exerce au XIXe siècle.

...rencontres réelles

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Eugène Delacroix, Femmes d'Alger dans leur intérieur, 1847, 27,5 x 22 cm. Huile sur papier marouflé sur toile. Rouen, musée des Beaux-arts. Legs Jules Hédou © Photographie C. Lancien, C. Loisel

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Jean-Léon Gérôme, Femmes fellahs puisant de l'eau, Médine-el-Fayoum, ca. 1868-1883, 43,8 x 62,2 cm. Huile sur toile. Collection privée © NAJD Collection

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Laetitia Mathilde, Princesse Bonaparte, Une fellah, 1861, 92 x 63 cm. Huile et détrempe sur papier. Nantes, Musée des Beaux-Arts © RMN / Gérard Blot

La princesse Mathilde, cousine de Napoléon Bonaparte, nuance l'image générale des femmes "orientales" chichement vêtues qui peuplent bon nombre de tableaux. Cette fellah voilée correspond davantage à la réalité. Les Orientales qui se montrent disposées à poser comme modèle sont déjà en soi des exceptions.

Beaucoup d'artistes occidentaux doivent se contenter, en guise de modèle, d'Européennes qu'ils parent à l'orientale. Les femmes artistes comme la princesse Mathilde ont en général un peu plus de facilités sur ce plan.

Carrefour des religions

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Horace Vernet, La première messe en Kabylie, 1854, 194 x 123 cm. Huile sur toile. Musée Cantonal des Beaux-Arts de Lausanne © Photographie J.-C. Ducret

Avec sa construction pyramidale terminée au sommet par une croix, l'oeuvre de Vernet ne se laisse pas interpréter erronément. La messe qui est célébrée en Kabylie, cette région rebelle du nord de l'Algérie, est clairement une victoire de la culture européenne aux yeux du peintre.

Le christianisme est présenté comme une religion qui rassemble les peuples. Plusieurs groupes ethniques participent en effet à la célébration de l'eucharistie.

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Osman Hamdi Bey, L'Instruction coranique, 1890, 80 x 60 cm. Huile sur toile. Collection privée © NAJD Collection

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Adolf von Meckel, Le Monastère de Sainte-Catherine au mont Sinaï, 1892, 180 x 269,5 cm. Huile sur toile. Museum voor Schone Kunsten Gent © Lukas - Art in Flanders vzw

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James Tissot, Les Rois mages en voyage,ca. 1894, 70,8 x 101,6 cm. Huile sur toile © Minneapolis Institute of Arts. The William Hood Dunwoody Fund

À première vue on dirait des bédouins, mais il s'agit en fait des Rois Mages. Par son titre, le peintre franco-britannique Tissot oblige le spectateur à réinterpréter l'image. La scène de genre devient tout à coup un tableau d'histoire.

Le quotidien exotique

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Horace Vernet, Esquisse pour La Chasse au lion, ca. 1836, 28,5 x 35 cm. Huile sur toile © Dahesh Museum of Art, New York, USA / The Bridgeman Art Library

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Alexandre-Gabriel Decamps, Le Boucher turc, 1850, 93,5 x 75,5 cm. Huile sur toile. Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles © Photographie : J. Geleyns

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Jean-Léon Gérôme, Marchand de peaux, ca. 1880, 72 x 56 cm. Huile sur toile. Collection Privée © Vincent Everarts Photographie

Jean-Léon Gérôme passe pour le plus emblématique des orientalistes du XIXe siècle. Son style académique « léché » sera imité par beaucoup d'autres peintres. Le Marchand de peaux, d'un réalisme presque photographique, témoigne de la sensibilité pleine de délicatesse de l'artiste, qui se manifeste clairement dans son rendu des différentes matières.

Qu'il s'agisse de la peau de tigre, des reflets sur l'épée et le casque ou des nuances de couleur du mur devant lequel le marchand est représenté, tout dans ce tableau est extrêmement tactile.

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John Frederick Lewis, La Porte d'un café au Caire, 1865, 76.2 x 53.4 cm. Huile sur carton © Royal Academy of Arts, London

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Alberto Pasini, Porte de la mosquée de Yeni-Djami, à Constantinople, 1870, 163 x 116 cm, huile sur toile. Nantes, Musée des Beaux-Arts © RMN / Gérard Blot

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Benjamin-Constant, Le caïd marocain Tahamy, ca. 1883, 182 x 121 cm. Huile sur toile. Musée d'art et d'histoire de Narbonne © Photographie Jean Lepage

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George Seymour, Une consécration, ca. 1880-1916, 33,6 x 22,8 cm. Huile sur panneau. Collection privée © NAJD Collection

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Ludwig Deutsch, La Garde du Palais, 1900, 57,1 x 41,2 cm. Huile sur panneau. Collection privée © NAJD Collection

Au pays de la soif

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Jean-François Portaels, Le Simoun. Souvenir de Syrie, 1847, 136,5 x 193 cm. Huile sur toile. Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles © Photographie : J. Geleyns

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Jean-François Portaels, Le Simoun. Souvenir de Syrie, ca. 1847, 31 x 46 cm. Huile sur toile. Collection Privée © Vincent Everarts Photographie

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Eugène Fromentin, Au pays de la soif, ca. 1869, 103,4 x 144 cm. Huile sur toile. Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles © Photographie J. Geleyns

« C'est le Sahara, "la grande mer sans eau", que les Maures appellent aussi "Bled-el-Ateuch", le Pays de la Soif. » Pierre Loti, Le roman d'un spahi.

À la contemplation du tableau de Fromentin, l'aspect poétique de ces surnoms fait rapidement place à la dure réalité. La lutte qu'hommes et bêtes doivent mener pour survivre fait surtout ressortir le côté impitoyable du désert.

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Gustavo Simoni, L'arrêt de la caravane, 1885, 61 x 89,5 cm. Huile sur toile. Collection privée © NAJD Collection

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Ludwig Hans Fischer, Bédouins dans une tempête de sable, ca.1891, 175,9 x 116,8 cm. Huile sur toile. Collection Privée © Vincent Everarts Photographie

Un regard moderne

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Henri Evenepoel, Marché d'oranges à Blidah, 1898, 84 x 62 cm. Huile sur toile. Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles © Photographie J. Geleyns

Evenepoel éprouve énormément de difficultés à se réconcilier avec les oeuvres qu'il réalise en Algérie. Chaque coup de pinceau et chaque touche de couleur semblent dépassés lorsqu'il relève les yeux. Nonobstant l'autocritique de l'artiste, le Marché d'oranges à Blidah peut être considéré comme un des chefs-d'oeuvre d'Evenepoel. À travers son langage formel épuré et sa fascinante palette de couleurs, l'artiste belge réussit à se distancier de la tradition académique qui a si longtemps marqué l'orientalisme.

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Wassily Kandinsky, Improvisation III, 1909, 94 x 30 cm. Huile sur toile. Paris, Centre Georges Pompidou, Musée National d'Art Moderne, Legs Nina Kandinsky © ADAGP © Collection Centre Pompidou, Dist. RMN/Adam Rzepka

En 1904-1905, Wassily Kandinsky passe l'hiver en Tunisie avec sa bien-aimée, Gabriele Münter. Lorsqu'il entreprend quatre ans plus tard son Improvisation III, les impressions accumulées là-bas se colorent de son ardent désir d'expression. La figuration cède le pas à l'abstraction, les couleurs prennent sens...

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Paul Klee, Ville arabe, 1922, 44,3 x 28,2/19 cm. Décalque à l'huile et aquarelle sur gaze préparée sur carton © Galerie Rosengart, Lucerne

Un plongeon dans les collections

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Louis Gallait,  La prise d'Antioche par les croisés, 1843, 75 x 133,5 cm. Huile sur toile. Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles © Photographie : J. Geleyns

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Jean-François Portaels, La fille de Sion, ca. 1847-1881, 145 x 214 cm. huile sur toile. Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles © Photographie J. Geleyns

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Théo van Rysselberghe, Fantasia arabe, 1884, 170 x 300 cm. Huile sur toile. Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles © Photographie J. Geleyns

En automne 1883, Théo Van Rysselberghe se rend en voyage au Maroc. C'est sa deuxième visite en terre nord-africaine. Il s'attèle avec enthousiasme à sa Fantasia arabe, son premier tableau de grand format. Les fantasias, ces divertissements équestres de cavaliers arabes, sont un thème très fréquent dans la peinture orientaliste. Les pur-sang au galop, la poussière qui vole, la poudre à canon... une certaine virilité n'est pas étrangère au sujet.