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Luca Gőbölyös, Personnel 1, 2002. Lambda print. Courtesy Institut hongrois © Luca Gőbölyös

Sujet éternel de l'art pictural, le corps humain représente depuis toujours un univers à part. Le corps de la femme, tant étudié, reste une énigme et un objet de prédilection pour les photographes de tous les temps.

Avec sa plasticité pure, la femme nue était le sujet tant aimé des plus grands photographes hongrois du début du XXe siècle, Brassaï, Munkácsi et Kertész. Suite à des changements politico-sociaux caractéristiques de l'époque, le corps féminin, jusque-là identifié soit comme une «sainte» dans le rôle maternel, soit dans un rôle méprisé, notamment celui d'une prostituée, commence à chercher une identité féminine.

Une identité sexuelle, une existence à part entière et à juste titre, une représentation artistique de la femme, qui vient rompre avec cette image de mère-prostituée. Et cela était bien plus spécifique en Europe de l'Est et notamment en Hongrie où les rôles homme-femme étaient plus rigides, qu'à l'Ouest. C'est ce phénomène que l'on voit se manifester sur ces photos du début du siècle, une recherche de soi, qui coïncidait au développement des techniques photographiques de l'époque.

L'exposition «formElles» met en relation ces photographes du début du XXe siècle avec des photos de nu contemporaines. Elle montre la transformation de cette identité féminine dans la photographie hongroise jusqu'à nos jours. Comment est-on passé de la représentation du corps féminin idéalisé à une représentation en nouvelle quête d'identité? Le choix subjectif de ces photographies en témoigne. Vides de tout contexte, ses corps nus féminins sont des empreintes de l'histoire, de ses moeurs, de ses conceptions de beauté...

Exposition ouverte du mardi au dimanche de 13h30 à 19h30. Entrée: 5€ / 3€ www.instituthongrois.fr

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Juci Laub, Nu de dos, 1934. Cca, épreuve gélatino-argentique. Courtesy Musée Littéraire Patofi, Budapest © Juci Laub