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Palais de Justice côté Seine, Paris, France - Photo Pline - 2008 - Licence CC BY-SA 3.0

PARIS [30.03.11] – Une bannière publicitaire pour le parfum « J’adore » de Dior installée sur la façade du Palais de Justice provoque le mécontentement des magistrats, alors que le procès de Galliano aura lieu prochainement.

Cette campagne de publicité permet de financer les travaux de restauration de la façade, estimés à 2 millions d’euros.

Une affiche publicitaire pour le parfum « J’adore » de Dior a été installée lundi sur la façade en travaux du Palais de justice de Paris.

Un geste perçu comme indécent par l’Union syndicale des magistrats (USM), alors que John Galliano, l’ancien directeur de la maison de couture sera jugé pour injures et diffamation antisémites le 12 mai prochain. Dior aurait versé « près de 200 000 euros » pour obtenir cet emplacement sur le monument historique selon Richard Samas-Santafe, responsable de l’USM indigné, qui considère cet affichage « choquant sur le plan des principes » et révélateur de la « ruine » du service public.

De fait, le Palais de justice est classé Monument historique et la grande bannière sur fond noir recouvrant sa façade n’est pas du plus bel effet visuel. Cette campagne de publicité est amenée à se poursuivre jusqu’en décembre 2011 pour financer les travaux de restauration, estimés à 2 millions d’euros. Elle s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle disposition à l’article 103 du Code du Patrimoine, adoptée en 2007 et autorisant « l’installation de bâches d’échafaudage comportant un espace dédié à l’affichage » sur les Monuments historiques en travaux, à condition que les recettes financent les chantiers.

En janvier 2011 le musée d’Orsay soulevait la controverse en s’habillant en Chanel pour masquer ses échafaudages et financer ainsi son plan de restauration de 11 millions d’euros. Pour les mêmes raisons, l’Opéra Garnier avait fait appel à Ralph Lauren et H&M, et Place Bellecourt à Lyon, un immeuble classé, arborait les couleurs de Google Chrome.

Ce type d’affichage qui semble envahir monuments et musées est encore plus frappant en Italie, où plusieurs directeurs de grands musées se sont mobilisés contre cet « empaquetage publicitaire ». (Avec AFP) www.artclair.com