François Le Moyne (Paris, 1688-1737), Diane revenant de la classe ou Le soir (Diana returning from the hunt or "The evening"). Huile sur toile chantournée mise au rectangle, 114 x 162,5 cm. Oil on canvas fret put as rectangle; 45 by 64 in.  photo Sotheby"s

PARIS -  Le 23 juin 2011, Le Retour de chasse de Diane ou Le Soir de François Le Moyne (1688-1737) était mis en vente chez Sotheby’s à Paris. Estimée entre 200 et 300 000 euros, cette peinture était adjugée pour 471 793 euros frais compris. L’Etat exerçait alors son droit de préemption, afin de se substituer au dernier enchérisseur et d’en devenir l’acquéreur final. Cela au bénéfice du musée Rodin et du projet de reconstitution des décors d’origine de son hôtel particulier.

Cette peinture avait été commandée à François Le Moyne en 1729 par Abraham Peyrenc de Moras pour son hôtel particulier situé près des Invalides. Le programme décoratif conçu par Le Moyne était constitué de dix-huit peintures, formant pour la majorité des dessus-de-porte. Ces dix-huit peintures demeurèrent dans l’hôtel Peyrenc de Moras jusqu’à la fin du XIXe siècle. Mais, vers 1890, les sœurs du Sacré-Cœur qui y tenaient un pensionnat de jeunes filles vendirent l’ensemble des décors, tant pour des raisons morales que financières.

Situé dans la rue de Varenne, l’hôtel Peyrenc de Moras qui devint l’hôtel Biron puis le musée Rodin a été construit par l’architecte Jean Aubert. Dans l’inventaire de ce dernier, écrit en 1737 et découvert en 1947, il est précisé que le grand salon central était décoré avec « les quatre points du jour ». En 1985, le musée avait retrouvé un autre des quatre dessus-de-porte du grand salon, Vénus montrant à l’Amour l’ardeur de ses flèches ou Le Midi. Cependant, il manque encore Aurore et Céphale illustrant Le Matin et Diane et Endymion représentant La Nuit.

Sur Le Retour de chasse de Diane ou Le Soir, Diane fait face à trois compagnes de chasse, lesquelles lui apportent une biche morte. Le Moyne dépeint la déesse pointant la scène de sa main droite tandis que les jeunes nymphes se présentent à elle dans une attitude craintive. Comme pour signifier que Diane réprouve leur acte. Colin Bailey, conservateur en chef de la Frick Collection de New York, avait suggéré que cette peinture puisse être une allusion aux louanges faites par Peyrenc de Moras aux vertus de son épouse. Cette hypothèse a été reprise par Jean-Luc Bordeaux qui a authentifié l’œuvre avant sa mise en vente et qui l’intègrera dans le catalogue raisonné de l’artiste qu’il rédige.

En 1989, Les Ouvrages de Pénélope ont rejoint le cabinet ovale de Madame Peyrenc de Moras. Depuis 1998, Hercule délivrant Hésione est présenté dans la chambre de parade de la duchesse. Dès janvier 2012, les travaux de rénovation du musée permettront la remise en place du dessus-de-porte de Le Moyne symbolisant Le Soir. – Comme tous les ans, s’est déroulée fin juin la vente de Sotheby’s Paris consacrée aux maîtres anciens. A cette occasion, une œuvre peinte de François Le Moyne a été préemptée par l’Etat français au bénéfice du musée parisien dédié au sculpteur Auguste Rodin. Cette œuvre est l’un des décors qui ornait autrefois l’hôtel particulier qui abrite désormais le musée Rodin. (www.artclair.com)