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Pendule dite «A l'éléphant» Par Georges Causard, Horloger du Roy suivant la Cour (actif jusqu'en 1789) Reçu Maître en 1770. Paris, époque Louis XV. Photo Marc-Arthur Kohn

Bronzes dorés, patinés et vernis, émail et verre Cadran signé CAUSARD Horloger du Roy suivant la Cour H. 48 cm, L. 31 cm - Estimation : 100 000 - 120 000 €

Cette belle pendule dite «à l'éléphant» a été réalisée en différents types de bronzes ciselés, à la fois dorés, patinés et vernis permettant un savant jeu de couleurs et de composition. Le cadran circulaire en émail blanc affiche les heures en chiffres romains et les minutes en chiffres arabes. Il s'agrémente sur le pourtour de motifs feuillagés et de fleurs sur un fond verni rouge. Au sommet, un personnage chinois polychrome vêtu d'un habit traditionnel se protège du soleil en tenant une ombrelle. Le cadran prend place sur le dos d'un superbe éléphant très réaliste en bronze patiné en train de barrir. L'ensemble de la composition s'appuie sur une base rocaille caractéristique de l'époque Louis XV simulant un tertre rocheux orné de fleurs.

Cette ravissante pendule est la parfaite expression du goût que l'on avait sous Louis XV pour l'exotisme, les pays lointains et la faune qui les peuplait. Depuis Louis XIV, qui créa une ménagerie au Château de Versailles, les animaux sauvages comme les éléphants, les tigres, les autruches, les lions, les chameaux servaient de cadeaux diplomatiques ou étaient collectionnés comme «phénomènes zoologiques» et pittoresques. Ces animaux et notamment l'éléphant vont déclencher de véritables passions et intégrer les intérieurs des grands dignitaires sous la forme d'oeuvres d'art comme des tapisseries tissées aux Gobelins, des dessus de portes réalisés par Watteau ou Pillement ou des pendules dont l'inventeur de notre modèle serait Jean-Joseph Saint-Germain. Connu en Europe depuis la célèbre traversée des Alpes par Hannibal au deuxième siècle avant notre ère, l'éléphant a toujours été apprécié pour sa force, sa noblesse et sa robustesse.

Ainsi, l'animal qui orne notre pendule peut sans aucun problème supporter un mouvement et un personnage chinois. L'artiste nous donne une vision à la fois réaliste et fantasmée du pachyderme qui, tout en barrissant, ouvre une large bouche comme s'il souriait. D'autres animaux sauvages ont peuplé la production horlogère au XVIIIe siècle, le rhinocéros, le lion ou le chameau. C'est l'éléphant qui rencontra le plus grand succès compte tenu de l'importante valeur symbolique qui s'en dégageait et fut utilisé par les plus grands horlogers pour leurs créations, Baillon, Le Roy ou Baltazard.

Une pendule très similaire à celle que nous présentons est actuellement conservée dans les collections de Waddesdon Manor.

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Marc-Arthur Kohn. Jeudi 28 juillet à 19h00. SALON DES ARTS et SALON FRANÇOIS BLANC Place du Casino 98000 Monaco. EMail : auction@kohn.fr  - Tél. : +33 1 44 18 73 00