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Guillaume Bodinier (1795-1872),  "La demande en mariage", 1825

Cet été, le peintre angevin Guillaume Bodinier (1795-1872) est à l’honneur au musée des Beaux-Arts d’Angers. Cette première rétrospective présente plus de 200 œuvres, principalement des études de paysages et personnages ainsi qu’une trentaine de tableaux.

Guillaume Bodinier naît à Angers en 1795. Formé dans l’atelier de Pierre-Narcisse Guérin (atelier par lequel sont passés Géricault et Delacroix), il démarre sa carrière de peintre assez tardivement.

En 1822, il accompagne Guérin, nommé directeur de la Villa Médicis à Rome. Ce séjour italien inaugure une période d’aller-retour entre la France et l’Italie qui s’étendra sur plus de 25 ans. L’œuvre de Bodinier s’inspire des paysages italiens, des scènes pittoresques observées lors de ses excursions dans les campagnes romaine et napolitaine. Les études (esquisses peintes ou dessinées) expriment particulièrement la sensibilité de l’artiste qui retranscrit la nature comme il la voit. Une certaine spontanéité s’en dégage.

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Guillaume Bodinier (1795-1872),  "Village italien", première moitié du 19e siècle.

L’Italie est un passage obligé dans le processus de formation des artistes à cette époque. Bodinier y fréquentera un certain nombre de ses contemporains, artistes et écrivains, comme Stendhal, Ingres et Corot notamment. Il nouera également une relation quasi-filiale avec Guérin, qu’il veillera d’ailleurs sur son lit de mort.

Le parcours chronologique de l’exposition commencera avec une séquence introductive sur les années d’études et de formation. Le cœur de l’exposition sera consacré aux séjours principaux en Italie, tandis que la dernière séquence insistera sur la période angevine après 1848.
Enfin, une cinquantaine de portraits dessinés et peints sont présentés depuis le 25 juin dans le cabinet d’arts graphiques.

L’exposition survole un demi-siècle et met en exergue la difficulté d’un artiste à créer, à se renouveler dans un siècle de bouleversements artistiques, entre classicisme, académisme, romantisme et impressionisme. Elle s’inscrit aussi dans une volonté depuis la réouverture du musée, de valoriser ses principaux donateurs (David d’Angers, Turpin de Crissé), grands artistes et personnalités locales de première importance.

Guillaume Bodinier, un peintre angevin en Italie, sous la direction de Patrick Le Nouëne, textes de Patrizia Rosazza Ferraris, conservateur du Museo Praz à Rome, Vincent Pomarède, conservateur général responsable du département des peintures au musée du Louvre, Patrick Le Nouëne, conservateur en chef des musées d'Angers, édition Expressions contemporaines, 320 pages, 39 €

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Guillaume Bodinier (1795-1872),  "Femmes à la fontaine, Route de Rome à Naples", 1857.

Cabinet d’arts graphiques: "Guillaume Bodinier portraitiste "

En parallèle à l’exposition Guillaume Bodinier, un peintre angevin en Italie, présentée dans la salle d’exposition temporaire du musées des Beaux-Arts, une présentation du travail de l’artiste en tant que portraitiste est proposée au cabinet d’arts graphiques.
Si Guillaume Bodinier est davantage connu en tant que peintre de scènes de la vie italienne et de paysage, il n’a cessé de s’adonner au portrait, depuis sa première année de formation dans l’atelier de Pierre-Narcisse Guérin en 1817.
Avant 1822 et son départ pour Rome, Guillaume Bodinier réalise les portraits des membres de sa famille et de ses proches, modèles qu’il retrouvera entre 1827 et 1830 lors de ses séjours à Angers. En Italie il peint des portraits d’aristocrates français qui séjournent à Rome et de ses amis artistes, plusieurs de ces tableaux seront présentés au Salon entre 1827 et 1857.
 Les portraits peints sont présentés dans l’exposition temporaire et le cabinet d’arts graphiques propose une sélection d’esquisses pour la réalisation de portraits, certains exposés au Salon, d’autres ne sont pas localisés. Ces travaux préparatoires laissent apparaître une grande dextérité, un goût pour les décors variés, un soin pour trouver des attitudes inédites, des poses originales qui prouvent que Bodinier connaissait bien les portraits d’Ingres, artiste qu’il a côtoyé en Italie.

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Guillaume Bodinier (1795-1872),  "Etude pour le portrait d’Anna-Angélique Lemotheux et de son fils Jules-Guillaume", 1838