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© Sotheby’s / ArtDigital Studio.

PARIS.- Sotheby’s, en association avec PIASA, a l’honneur d’annoncer la vente de la collection de la galerie Fabius Frères, qui aura lieu chez Sotheby’s à Paris les 26 et 27 octobre 2011.

Sotheby’s announce, in association with the auction house PIASA, the sale of the Fabius Frères Gallery collection on the 26th and 27th October 2011 in Paris. The 400 sculptures, pieces of furniture, works of art, drawings and 19th century paintings, estimated to sell in the region of €10 million ($14,5 million), will be on view at the Galerie Charpentier for five days prior to the sale. The Fabius Frères Gallery is known worldwide for the exceptional quality, condition and provenance of the works of art in their collection.

De sa mère, François Fabius a hérité sa passion pour les chevaux, de son père, celle pour les antiquités. Homme de conviction, il excella dans les deux domaines. Né à Bourg-en-Bresse en 1944 d’un père descendant d’une des plus grandes dynasties d’antiquaires du XIXe siècle et d’une mère férue de culture hippique, François Fabius est élevé dès sa plus tendre enfance dans l’art de savoir apprécier une oeuvre de maître, ainsi que dans celui de savoir diriger la plus belle conquête de l’homme.Cette culture familiale le conduit tout naturellement sur les terrains de concours hippiques. Doté de dispositions exceptionnelles, il est ainsi champion de France junior en 1961 puis toutes catégories en 1962. Il est classé en 1963 parmi les meilleurs cavaliers du pays et participe en 1972 aux Jeux Olympiques de Munich. Sa passion lui permet également de rencontrer en 1968, lors d’un concours hippique au Canada, Armelle, qui devient son épouse en 1971 et lui donne deux filles, Sophie et Marie. Autant de succès et de récompenses qui satisfont pleinement le jeune homme, qui sent cependantque sa vie est ailleurs. Diplômé de l’École du Louvre, il décide, à vingt-huit ans, de délaisser les concours hippiques pour se consacrer à sa vocation : celle qui a trait au domaine de l’art. Il rejoint alors en 1972 la galerie d’antiquités dirigée depuis 1937 par son père André et ses oncles,Pierre et Fernand, 152 boulevard Haussmann à Paris. Tout d’abord stagiaire dans le magasin familial, évoluant sous le regard paternel, François trouve peu à peu ses marques, suivant les traces de son grand-père Elie. Le jeune homme descend en effet d’une grande lignée d’antiquaires, sa famille venue de Lorraine ayant embrassé cette profession avec succèsdepuis 1882. Elie Fabius fut le fondateur de l’une des plus prestigieuses galeries d’art parisiennes et l’un des principaux acteurs du marché de l’art des années 1882-1942. Passionné par les souvenirsde Napoléon et de Lafayette, les objets aux provenances historiques et les sculptures de Barye et de Carpeaux, il fonda également en 1901 avec d’autres confrères ce qui allait devenir le Syndicat National des Antiquaires (S.N.A).

François Fabius hérite de cet homme remarquable sa prédilection pour les oeuvres du XIXe siècle, en particulier les bronzes de Barye et de Carpeaux. Évoluant dès son enfance avec son frère Laurent et sa soeur Catherine dans le domaine de l’art, le jeune François développe sa culture et accroît ses connaissances, jusqu’à devenir un véritable expert et un professionnel de grande réputation. Après la disparition de son père en 1984, il continue à travailler avec ses onclesen participant aux plus grands salons internationaux. En 2004, son stand à la Biennale des antiquaires est, sans conteste, l’un des plus admirés par les visiteurs. Il y présente alors,dans un superbe décor imaginé par François-Joseph Graf, un rarissime bronze Vase des Titans par Rodin, signé Carrier-Belleuse. Ce galeriste éclairé, spécialiste reconnu de l’histoire de l’art, et plus particulièrement des bronzes du XIXe siècle, n’a de cesse de rechercher ces oeuvres dont il acquiert de remarquables exemples. Ces pièces, sélectionnées avec rigueur, se trouvent pour la plupart dans les plus grandes collections et les plus prestigieux musées en France et aux États-Unis.

« Le XIXe siècle a souffert d’un jugement politique qui condamnait l’Empereur. On n’avaitpas le droit d’en parler. Avec une génération de recul, on peut enfin le réapprécier dans toutes on opulence, comme il l’était chez les Rothschild, les Pereire, ou la princesse Mathilde », reconnaît alors François Fabius, comblé par l’idée de présenter des pièces de cette époque, alors peu considérées et qu’il parvient avec brio à remettre au goût du jour.Une branche qu’il développe d’ailleurs au sein de sa galerie, contribuant ainsi à l’expansionet à la renommée internationale de Fabius Frères, et ce jusqu’à son décès prématuré survenu en août 2006. Armelle Fabius a poursuivi jusqu’à ce jour l’oeuvre de François Fabius, avec beaucoup de passion, dans la lignée de cette prestigieuse dynastie. « Avec François Fabius, disparaît [...] l’une de ces personnalités d’exception dont le destin est d’incarner au plus haut niveau l’entente parfaite et devenue trop rare de l’esprit et du corps, de l’art classique et de cet autre art non moins noble qu’est l’équitation […]. Peu d’hommes dans l’histoire auront su, avec autant d’élégance, de courage et de rigueur, porter leur passion à ce degré de rayonnement, tout en restant attentifs et sensibles aux signaux de leur temps » (Hommage de Renaud Donnedieu de Vabres, 14 août 2006)

Une collection unique, à la provenance et au raffinement légendaires.

En sculpture, la collection constitue sans aucun doute l’ensemble du XIXe siècle le plus important jamais présenté en vente publique. Deux artistes majeurs qui comptent parmiles sculpteurs les plus créatifs de leur époque forment le noyau de cette collection :Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) et Antoine-Louis Barye (1795-1875).

The Fabius Frères collection is undoubtedly the most important ensemble of 19th century sculpture ever to be offered at auction. It consists predominantly of works by the most original and significant sculptors of the period: Antoine–Louis Barye (1795–1875) and Jean–Baptiste Carpeaux (1827–75).

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Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), Daphnis et Chloé. Groupe original en marbre. Socle rectangulaire en bois peint. Signé et daté sur la tranche, à gauche du socle JBte CARPEAUX 1874. Sur le devant du socle DAPHNIS ET CHLOEE. Hauteur du marbre : 140 cm. Estimation 1 000 000 / 1 500 000 euros. © Sotheby’s / ArtDigital Studio.

L’important groupe en marbre de Daphnis et Chloé est un chef-d’oeuvre de la sculpture, réalisé par Jean-Baptiste Carpeaux en 1874 lors de son séjour en Angleterre où il s’était installé pour fuir les tumultes de la Commune. C’est en 1873 que Lord Alexander Hugh Baring 4th Baron of Ashburton, lui commande ce grand groupe mythologique en marbre pour faire pendant au célèbre marbre Amour et Psyché de Canova qui ornait déjà son hôtel particulier, le Bath House à Piccadilly (le marbre est aujourd’hui conservé au musée du Louvre). L’oeuvre illustre un passage de l’Idylle de Longus, Daphnis et Chloé. En 1873, Carpeaux réalise d’abord le plâtre original, grandeur nature, dont il fait mouler trois versions d’atelier. Ce même modèle servira aux réductions et à l’édition d’une terre cuite, datée de 1873. C’est seulement en juillet 1874 que Carpeaux, avec l’aide de son praticien N. Jacques, commence la taille du marbre qui sera livré le 8 janvier 1875 à son commanditaire.

Le groupe de Daphnis et Chloé illustre à merveille la virtuosité de Carpeaux dans la taille et dans le modèle du marbre : l’artiste a su donner vie à la pierre, mêlant sensualité et fraîcheur de ce sujet intimiste à l’élégance du mouvement des corps (estimation : 1 000 000 / 1 500 000 euros).

Carpeaux’s important marble group Daphnis & Chloe is a sculptural masterpiece. It was made in 1874 during the sculptor’s two–year stay in England, where he took refuge in the turbulent aftermath of the Paris Commune. Alexander Hugh Baring, 4th Baron Ashburton, commissioned Carpeaux to make this large mythological marble group in 1873. It illustrates a passage from Longus’ idyll Daphnis & Chloe and was made as a pendant to Canova’s famous marble Cupid & Psyche (now in the Louvre), which then adorned Lord Ashburton’s London residence at Bath House, in Piccadilly. Carpeaux began modelling the group in plaster in 1873. It was not until July 1874 that Carpeaux began sculpting the marble group. It was delivered to Lord Ashburton on 8 January 1875.

Daphnis & Chloe perfectly expresses Carpeaux’s virtuoso talent for modelling form and sculpting marble: he brings the stone to life, combining graceful movement with the sensuality of his intimate subject (estimate €1,000,000-1,500,000 / $1,448,000-2,172,000).

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Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875),  Ugolin et ses enfants. Grand groupe en plâtre, signé JBte Carpeaux. Épreuve ancienne retouchée par l’artiste,sur un socle tournant en bois peint à l’imitation du porphyre. Hauteur : 61 cm ; largeur : 43 cm. Estimation: 50 000 / 70 000 euros. © Sotheby’s / ArtDigital Studio.

La collection comprend l’épreuve ancienne retouchée par l’artiste d’Ugolin et ses enfants estimée 50 000 à 70 000 euros. C’est lorsqu’il est pensionnaire à la villa Médicis à Rome en 1860-1861 que l’artiste choisit d’illustrer un épisode de l’Inferno de Dante, pour son grand chef-d’oeuvre : Ugolin est représenté ici avec ses quatre fils, s’apprêtant à les dévorer.

The collection also includes an autograph plaster version of Carpeaux’s Ugolino & His Sons. Carpeaux chose the dramatic episode from Dante’s Inferno as the subject for the large-scale composition he was required to make during his time as a student at Rome’s Villa Medici in 1860/1. It depicts the moment when Ugolino, condemned to death by starvation, resolves to devour his children (est €50,000-70,000 / $72,400-101,350)

Dès son retour à Paris, le ministre des Beaux-Arts lui commande le bronze monumental du même sujet pour être exposé au Salon de 1863 (aujourd’hui conservé au musée d’Orsay). Cette sculpture sera ensuite placée au jardin des Tuileries comme pendant au bronze monumental de Laocoon. Le marbre grandeur nature, signé et daté Jbte Carpeaux Roma 1860, a été réalisé en 1867 pour l’Exposition Universelle, et appartient aujourd’hui aux collections du Metropolitan museum, New York. Plus de six versions en plâtre et terre cuite composées de trois, quatre ou cinq personnages, sont répertoriées dans les collections publiques, dont une esquisse en terre cuite au musée du Louvre

Shortly after Carpeaux’s return to Paris, the state commissioned a monumental bronze version of this subject which was exhibited at the Salon of 1863; it was subsequently installed in the Tuileries Gardens as a pendant to the monumental bronze of the Laocoon and is now in the Musée d’Orsay. A full-size marble version, signed and dated Jbte Carpeaux Roma 1860, was made for the 1867 Exposition Universelle, and is now in the Metropolitan Museum, New York. More than six plaster and terracotta versions – composed of three to five figures – exist in public collections, including a terracotta version in the Louvre. 

C’est en 1865 que Carpeaux réalise à la demande de l’architecte de Charles Garnier (1825-1898) son groupe monumental le plus célèbre pour orner la façade de l’Opéra, La Danse. Cette composition devait faire pendant au Drame lyrique de Jean-Joseph Perraud (1819-1876), à la Musique d’Eugène Guillaume (1822-1905) et à l’Harmonie de François Jouffroy (1806-1882). L’esquisse en plâtre montre une étape importante dans l’évolution de la composition : quatre danseuses entourant le génie de la danse sous des traits féminins, tandis que l’oeuvre finale le symbolise par un homme. Il s’agit ici du plâtre original de l’esquisse, estimé 80 000 à 120 000 euros, un des deux seuls exemplaires de cette taille (hauteur : 61 cm).

In 1865, at the request of architect Charles Garnier (1825-98), Carpeaux produced his most famous monumental group for the façade of the Paris Opera. La Danse was intended to complement three other allegorical sculptures: Lyrical Drama by Jean-Joseph Perraud (1819–76); Music by Eugene Guillaume (1822–1905); and Harmony by François Jouffroy (1806–82). The 2ft-high (61cm) autograph plaster model to be offered here shows the composition at an important point in its evolution: here the Genius of Dance is shown with feminine features; in the final version, the Genius is depicted as a man (est. €80,000-120,000 / $115,850-173,750)

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Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), La Candeur, Marbre, sur une plinthe carrée en marbre rouge. Signé et daté JBTE CARPEAUX 1873. Hauteur : 66 cm. Estimation: 100 000 / 150 000 euros. © Sotheby’s / ArtDigital Studio.

Signé et daté de 1873, le buste de La Candeur de Jean-Baptiste Carpeaux est le marbre qui figurait à la vente Carpeaux le 29 avril 1873 et qui fut racheté par Mme Carpeaux elle-même. Le portrait en marbre se distingue par la qualité extrême du modelé et la fraîcheur du regard (estimation : 100 000 / 150 000 euros).

Carpeaux’s marble bust Candour, was inspired by the features of his wife, Amelie de Montfort. It appeared in the Carpeaux sale on 29 April 1873, when it was bought by Madame Carpeaux herself. This exceptional bust is remarkable for its very sensitive modelling and delicate expression (est. €100,000-150,000). The collection also includes the plaster model for the bust, made by Carpeaux in 1867 (est. €60,000-80,000 / $86,900-115,850).

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Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875),  L’Espérance. Marbre blanc, sur une plinthe carrée en marbre rouge griotte. Signé et daté JBte Carpeaux 1873. Hauteur : 60 cm. Estimation : 70 000 / 100 000 euros. © Sotheby’s / ArtDigital Studio.

La collection comprend également le plâtre original, réalisé par l’artiste en 1867, qui s’inspirait alors du portrait de sa future épouse Amélie de Montfort (estimation : 60 000 / 80 000 euros). La jeune fiancée avait vingt-deux ans lors de son mariage en 1869, l’artiste presque le double. Amélie prêtait son visage à d’autres oeuvres de Carpeaux, notamment La Tempérance, réalisée en 1865 pour l’église de la Trinité à Paris, L’Espérance (1868), dont la version en marbre de 1873 figure dans la vente (estimation : 70 000 / 100 000 euros), et enfin le portrait de La Fiancée (1869) dont la collection comprend une version en terre-cuite (estimation : 40 000 / 60 000 euros). L’Espiègle , marbre de 1865, estimé 70 000 / 100 000 euros, et le plâtre original de La Rieuse aux roses, 1872, estimé 50 000 / 70 000 euros, sont autant d’autres bustes de qualité exceptionnelle.

Amelie was 22 at the time of their marriage in 1869, roughly half Carpeaux’s age. She lent her features to several of Carpeaux works, notably Temperance, made for the church of La Trinité in Paris in 1865; Hope (1868) – an 1873 marble version of which appears in our auction (est. €70,000-100,000 / $101,350-144,800) La Fiancée (1869), represented by a terracotta version in the Fabius Frères collection (est. €40,000-60,000 / $57,900-86.900). Other busts of exceptional quality include L’Espiègle, a marble from 1865 (est. €70,000-100,000 / $101,350-144,800); and the plaster original of La Rieuse aux Roses from 1872 (est. €50,000-70,000 / $72,400 -101,350).

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Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), Le Pêcheur à la coquille & La Jeune fille à la coquille. Marbres sur socles octogonaux et sur des gaines en chêne ornées de fruits et de volutes, signées J.Bte CARPEAUX 1873. Hauteurs des marbres : 98 cm et 96 cm. Hauteur des gaines : 103 cm. Estimation: 800 000 / 1 200 000 euros. © Sotheby’s / ArtDigital Studio.

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Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), La Rieuse aux roses Le Rieur aux pampres. Deux terres cuites, la première signée JBT Carpeaux, numérotée 2078,  cachet Propriété Carpeaux et cachet Atelier Auteuil ; la seconde signée JBT Carpeaux numérotée 2149, cachet Propriété Carpeaux et cachet Atelier Auteuil. Hauteur : 54 cm. Estimation: 15 000 / 25 000 euros (la paire).  © Sotheby’s / ArtDigital Studio.

Le deuxième artiste majeur de la vente est Antoine-Louis Barye (1795-1875)dont la collection comprend cinquante-et-un bronzes, tous des fontes du vivant de l’artiste. L’une des oeuvres maîtresses de la collection est Thesée et le Minotaure, première version en bronze à belle patine brune estampillée Barye, et numéroté 2. Estimée 200 000 à 300 000 euros, cette fonte de qualité exceptionnelle provient de l’ancienne collection d’Antoine-Marie d’Orléans, duc de Montpensier, et infant d’Espagne (1824-1890) avant de faire partie des collections du roi du Portugal.

Antoine-Louis Barye choisit d’illustrer l’histoire de Thésée et le Minotaure, extraite des Métamorphoses d’Ovide, symbole de la lutte du Bien contre le Mal, au moment du combat. L’artiste a su rendre avec une grande virtuosité l’affrontement des deux personnages : Thésée, le corps musclé et tendu, dirige son épée d’un geste déterminé sur le Minotaure. D’autres variantes de ce sujet sont conservées dans les musées de Baltimore aux États-Unis et Bonnat à Bayonne.

Antoine–Louis Barye, is represented by 51 bronzes, all cast during his lifetime. One of the highlights is Theseus and The Minotaur, a seminal version in bronze with attractive brown patina, stamped Barye and numbered 2. This superb cast belonged to Antoine-Marie d’Orléans, Duc de Montpensier, the Infante of Spain (1824–90), before entering the collections of the King of Portugal (est. €200,000-300,000 / $289,600-434,400).

Barye illustrates the story of Theseus and the Minotaur from Ovid’s Metamorphoses, a combat symbolizing the battle between Good and Evil. It is a virtuoso rendering of a key moment during this epic confrontation, with the tense, muscular figure of Theseus carefully aiming his sword at the Minotaur. Variants can be found in the Baltimore Museum of Art (U.S.A.) and the Musée Bonnat in Bayonne (south–west France).

L’Éléphant est une oeuvre majeure de la collection Fabius Frères, pièce unique fondue en 1832 par la maison Honoré Gonon et ses deux fils. Ce bronze à belle patine brune, estimé 300 000 à 500 000 euros, a appartenu aux collections prestigieuses du Duc de Nemours et de David Weill.

Another Barye masterpiece in the Fabius Frères Collection is his Charging Elephant, a unique work cast in 1832 by Honoré Gonon & Sons. This was the first major work by Barye to be collected by a member of the ruling House of Orléans. It was acquired by the Duke of Nemours and lent by him to the Salon of 1834 (est. €300,000-500,000 / $434,400-724,000).

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 Antoine-Louis Barye (1795-1875),  Éléphant écrasant un tigre, chef-modèle. Bronze à patine brune. Socle ovale en bois. Inscrit à l’encre D.W 3262/1 et 2. Hauteur : 21,5 cm ; largeur : 35,4 cm. Estimation: 150 000 / 250 000 euros. © Sotheby’s / ArtDigital Studio.

Provenant également de la collection David Weill, Éléphant écrasant un tigre, est le chef modèle en bronze à patine brune (estimation : 150 000 / 250 000 euros). Bronze destiné à la fonte, cette pièce maîtresse est le parfait exemple de l’obsession du détail qui caractérise le talent d’Antoine-Louis Barye.

Elephant Crushing a Tiger hails from the David Weill Collection. This is the chef-modèle cast in Barye’s own foundry and is a classic example of Barye’s concern for detail (est. €150,000-250,000 / $217,200-362,000 ).

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 Antoine-Louis Barye (1795-1875), Tigre dévorant un gavial, vers 1845. Bronze à belle patine brune signé Barye. Socle mouluré en marbre noir. Hauteur : 20 cm ; largeur : 50,6 cm. Estimation: 50 000 / 70 000 euros. © Sotheby’s / ArtDigital Studio.

Un tigre dévorant un gavial, vers 1845, signé par le sculpteur, est une fonte de qualité rare révélant tous les détails (estimation : 50 000 / 70 000 euros). Le modèle en plâtre avait été présenté au Salon de 1831 où il remporta un succès unanime auprès des critiques, des tenants de l’art académique et des partisans de l’école romantique. Tous admirent l’audace de la composition, fruit de l’imagination de Barye mais aussi le sens de l’observation d’une animalité violente et sublimée.

The collection also includes an extremely fine cast of Tiger Devouring a Gavial from circa 1845 (est. €50,000-70,000 / $72,400 -101,350). At the Salon of 1831 the plaster model enjoyed unanimous acclaim from the critics and partisans of both of Academic art and Romanticism. It’s audacious depiction of the subject demonstrates Barye’s vivid imagination and his ability to observe, and transcend, the violence of the animal kingdom.

Le mobilier est composé d’un subtil mélange de pièces classiques du XVIIIe siècle et de créationsplus exubérantes du XIXe siècle. Le mobilier classique est magistralement représenté, du style Louis XIV à celui de l’Empire. Le XIXe siècle, période tant défendue par la galerie Fabius Frères depuis des décennies, sera illustré par les réalisations des grands ébénistes comme Grohé ou Diehl, mais aussi par des meubles néo-Renaissance étonnants de Dufin.

The sale’s furniture combines 18th century neo-classicism with 19th century exuberance. The sale includes magnificent neo-classical furniture, dating from Louis XIV to the First Empire. Fabius Frères were advocates of 19th century furniture and that century is represented by works by eminent cabinet-makers such as Grohé and Diehl, as well as Dufin’s unusual neo-Renaissance furniture.

Une commode en placage de bois de violette et de palissandre et bronze doré d’époqueLouis XIV, vers 1710, attribuée à André-Charles Boulle (estimation : 300 000 / 500 000 euros) constitue l’une des variantes les plus abouties parmi les commodes de l’oeuvre de cet ébéniste. Elle est remarquable par son décor reposant uniquement sur le jeu savant du frisage et la qualité de ses bronzes dorés. Loin des exubérantes marqueteries de fleurs qui firent la renommée du maître, le décor se faitici plus sobre, alternant les motifs concentriques – en façade des tiroirs – et les motifs en coeur– sur le plateau et les côtés. Toutefois, l’utilisation virtuose du bois de fil et du bois de bout confère au placage une dimension quasi picturale ; autour de chaque tiroir, des filets de bois clair et d’ébène accentuent encore l’impression de relief et l’illusion de profondeur.

Les riches ornements de bronze doré, caractéristiques des oeuvres de Boulle, viennent enfin souligner l’architecture puissante du meuble que de larges enroulements de feuilles d’acanthe semblent porter. Conçue à l’origine pour reposer sur cinq pieds, la commode témoigne d’un parti-pris esthétique – et non d’une contrainte technique – dont on retrouve le projet sur un dessin préparatoire de Boulle (conservé au musée des Arts Décoratifs à Paris).

The sale includes a Louis XIV ormolu-mounted kingwood- and palissander-veneered commode attributed André-Charles Boulle (c.1710). With its decoration of skilful frieze-work and sumptuous, original gilt-bronze mounts, this counts as one of Boulle’s most accomplished commode designs. The sober patterning of alternating concentric motifs to the front-drawers, and heart-shaped motifs to the top and sides, is a departure from the exuberant floral marquetry for which Boulle is best known. The virtuoso stringing and end-cut marquetry lend the veneer a pictorial feel, while the stringing in ebony and light wood around each drawer heightens the impression of relief and creates an illusion of depth (est. €300,000-500,000 / $434,400-724,000). 

Sumptuous gilt-bronze mounts, typical of Boulle, underline the commode’s powerful architecture. The commode, which seems borne aloft by generous scrolls of acanthus leaves, was designed with five feet: an aesthetic, rather than technical, solution, as shown by a preparatory Boulle drawing now in the Paris Musée des Arts Décoratifs.

La grande qualité d’exécution des deux vases Médicis en porcelaine de Sèvres réalisés en 1811, la rareté des sujets représentés et leur intérêt historique, l’originalité et la prouesse du fond écaille, la force des ornements en or et la provenance prestigieuse de ces vases sont le reflet brillant de la puissance de Napoléon et du génie d’Alexandre Brongniart, mis au service de la manufacture de Sèvres pour lui donner un nouveau souffle dans les premières années du XIXe siècle (estimation : 500 000 / 800 000 euros).

Les scènes peintes par Jean-François Robert sur les vases Médicis à fond écaille sont exceptionnelles. Quelques pièces d’usage mettent en scène la famille impériale dans des occupations de loisirs ou illustrent certaines résidences impériales, mais ces représentations n’apparaissent que très rarement sur des vases, le plus souvent décorés de portraits officiels, sujets militaires ou scènes allégoriques.

Avec grande intelligence, Alexandre Brongniart, très certainement à l’origine de la définition du programme iconographique des vases Médicis, utilise les talents de l’un des meilleurs peintres de figures et paysages et la perfection technique nouvellement atteinte par la manufacture de Sèvres au service de la communication politique de l’Empereur.

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 Exceptionnelle paire de vases Médicis, deuxième grandeur en porcelaine dure de Sèvres, l’un daté 1811, peints et signés par Jean-françois Robert. À décor polychrome sur fond écaille sur l’un de l’Empereur devant les coteaux de Bellevue et de Meudon, l’autre de l’Empereur et Marie-Louise en calèche devant le château de Saint-Cloud ; au revers, deux griffons affrontés autour d’une vasque flammée et encadrés de rinceaux et palmettes en or, guirlandes de grappes de raisins sur le col et frise de feuillage en dorure, socles carrés en bronze doré. Hauteur : 66 cm. Estimation: 500 000 / 800 000 euros. © Sotheby’s / ArtDigital Studio.

L’un des vases illustre l’Empereur en promenade devant le château de Saint-Cloud, accompagné de Marie-Louise, qu’il a épousée civilement quelques mois auparavant dans ce même château et très certainement la princesse Pauline. L’autre vase représente l’Empereur sur les coteaux de Bellevue et de Meudon, au départ d’une chasse à courre. Napoléon sur son cheval blanc est accompagné de quatre grands dignitaires portant la plaque de l’Ordre de la Légion d’Honneur et vêtus de l’habit vert galonné d’or de la Vénerie de la Maison de l’Empereur.

Le fond écaille employé sur les vases Médicis apparaît pour la première fois à Sèvres en 1790. Il est employé dès 1800 pour les vases Cordelier livrés pour la Galerie d’Apollon au Palais de Saint-Cloud en l’an X (aujourd’hui conservé au musée du Louvre) et en 1803 sur le service utilisé par l’Empereur au château des Tuileries et nommé service écaille (deux assiettes sont conservées au château de Fontainebleau).

Two Sèvres porcelain Medici vases from 1811 epitomise Napoleonic prestige and the genius of Alexandre Brongniart, who helped give the Sèvres factory a new lease of life at the start of the 19th century. They are of outstanding interest due to their exceptional production quality, rare subject-matter, historic interest, virtuoso tortoiseshell grounds, powerful gold ornament and prestigious provenance (est. €500,000-800,000 / $724,000-1.158.450).

The scenes painted by Jean–François Robert on these tortoiseshell-ground Medici vases are particularly accomplished. Although some less prestigious ceramics show the imperial family at leisure or at their various homes, such scenes seldom appear on vases – which were usually decorated with official portraits, military subjects or allegorical scenes. It was doubtless Brongniart who, with an eye on Napoleon’s political Public Relations, chose the subjects for these vases, cleverly exploiting Sèvres’ latest technical innovations and Robert’s outstanding talent as a figure- and landscape-painter.

One vase shows Napoleon in a carriage with Marie–Louise, in front of the Palace of St-Cloud, where their civil marriage had taken place a few months earlier. The other vase shows Napoleon on a grey horse in the hills of Bellevue/ Meudon, about to go hunting. He is flanked by four tall dignitaries in the gold-trimmed green uniforms of the Imperial Hunt sporting the star of the Légion d’Honneur.

Tortoiseshell grounds first appeared at Sèvres in 1790. They were used in 1800 on the Cordelier vases (now in the Louvre) supplied for the Palace of St-Cloud’s Gallery of Apollo in 1802; and then in 1803 for Napoleon’s Service Ecaille at the Tuileries Palace (two plates from this service are now in the Palace of Fontainebleau).

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 Secrétaire à abattant. En marqueterie de fleurs et placage d’ébène. et bois noirci d’époque Louis XVI. Estampillé C. Topino. Estimation: 80 000 / 120 000 euros. © Sotheby’s / ArtDigital Studio.

Un secrétaire à abattant en marqueterie de fleurs et placage d’ébène et bois noirci d’époque Louis XVI, estampillé C.Topino formait un ensemble avec une commode et une table, commandé à la fin du XVIIIe siècle par la famille ducale des Durfort-Civrac, duc de Lorges. Avec son élégante décoration de « bandes en bois gris et fleurs », selon les termes de l’époque, il constitue une oeuvre à part dans le corpus de Topino, que l’on réduit parfois trop souvent à sa production de bonheurs-du-jour en marqueterie d’ustensiles.

À la mort de Louis de Durfort Civrac en 1775 dans son hôtel de la rue de Sèvres, cet ensemble fut conservé par sa veuve puis leur gendre Renaud César de Choiseul-Praslin. Passée la tempête révolutionnaire, les trois meubles, préservés des confiscations et certainement considérés comme meubles de famille, furent pour la dernière fois mentionnés en 1808 lorsqu’on les rapporta de Saint-Germain-en-Laye après le décès de Guyonne de Lorges, duchesse douairière de Choiseul-Praslin. La table, ornée du monogramme CL pour Civrac de Lorges fut vendue chez Sotheby’s à Paris, collection Léon Lévy, le 2 octobre 2008, et la commode est aujourd’hui conservée dans une collection particulière (estimation : 80 000 / 120 000 euros).

An ebonized and ebony-veneered Louis XVI secrétaire à abattant with floral marquetry, stamped C.Topino, was originally part of an ensemble (along with commode and table) commissioned by the Duc de Lorges in the late 18th century (est. €80,000-120,000 / $115,850-173,750). With its stylish decoration of ‘bands of grey wood and flowers’ (as the contemporary description had it), this secretaire is unusual in Topino’s oeuvre, which is sometimes mistakenly thought to concern little more bonheurs du jour (ladies writing desks) with marquetry featuring everyday utensils.

The secretaire was part of a three piece an ensemble owned by Louis de Durfort Civrac, Duc de Lorges. After his death in 1775 in his Paris town-house on Rue de Sèvres, the ensemble was inherited first by his widow, then by their son-in-law, Renaud César de Choiseul-Praslin. The three-piece ensemble was doubtless considered of purely domestic use, as it survived the French Revolution intact and was mentioned in 1808, when it was brought back to Paris from St-Germain-en-Laye after the death of Guyonne de Lorges, Dowager Duchess of Choiseul-Praslin. The table, adorned with the CL monogram of Civrac de Lorges, was sold at Sotheby’s Paris (Léon Lévy Collection) on 2 October 2008; the commode is currently in a private collection.

Au sein des arts décoratifs, la céramique et le verre tiennent une place d’honneur avec des pièces offrant une riche diversité des modèles, et la présence d’oeuvres singulières et raffinées (Théodore Deck, Eugène Collinot, Maurice Marinot...).

Glass and ceramics hold pride of place amongst the sale’s decorative arts with numerous pieces of richly varied design. Highlights include striking, refined works by Théodore Deck, Eugène Collinot, Maurice Marinot and others.

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 Antoine Louis Barye (1795-1875), Étude de panthère attaquant une proie. Aquarelle et crayon noir sur papier, 19 x 25 cm. Estimation: 30 000 / 40 000 euros. © Sotheby’s / ArtDigital Studio.

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Antoine Louis Barye (1795-1875), Lion dévorant une gazelle. Aquarelle. Signé, 15 x 23,7 cm. Estimation: 30 000 / 40 000 euros. © Sotheby’s / ArtDigital Studio.

La collection compte également un intéressant ensemble de dessins du XIXe siècleet sa dispersion sera une rare opportunité pour les amateurs d’acquérir des dessins des sculpteurs Antoine-Louis Barye et Jean-Baptiste Carpeaux : deux aquarelles sur papier d’Antoine-Louis Barye, Lionne dévorant une gazelle et Étude de Panthère attaquant une proie, estimées chacune 30 000 à 40 000 euros, ou quelques portraits de Jean-Baptiste Carpeaux, dont le Portrait de Bruno Chérier estimé 15 000 à 20 000 euros.

The Fabius Collection also features a fascinating group of 19th century drawings and offers connoisseurs a rare opportunity to acquire works on paper by the sculptors Antoine-Louis Barye and Jean-Baptiste Carpeaux. There will be two Barye watercolours, Lioness Devouring a Gazelle and Study of a Panther Attacking its Prey (est. €30,000-40,000 / $43,400-57,900 apiece); and several portraits by Jean–Baptiste Carpeaux, including his Portrait of Bruno Chérier (est. €15,000-20,000 / $21,700-28,950).

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Jean Béraud (1845-1935),  À la salle Graffard. Huile sur toile. Signé, daté. 85 x 116 cm. Estimation: 350 000 / 500 000 euros. © Sotheby’s / ArtDigital Studio. © Sotheby’s / ArtDigital Studio.

Enfin, signalons un tableau spectaculaire, À la salle Graffard, peint par Jean Béraud en 1884. Cette composition montre une réunion politique où l’on voit l’orateur anarchiste conclure triomphalement son discours sous les vivats de la foule, noyée dans une épaisse fumée. Ce sujet, inhabituel pour Béraud, peintre de la Belle Époque, des Élégantes et des cercles mondains, reflète un aspect moins connu de l’artiste, qui a peint également quelques sujets populaires et des scènes de la vie publique dans un souci de vérité historique (estimation : 350 000 / 500 000 euros).

A final sale highlight is A la Salle Graffard, a spectacular canvas from 1884 showing a political meeting, with an anarchist orator ending his speech to triumphant acclaim from an audience shrouded in tobacco smoke. This is an unusual subject for Béraud, reflecting a little-known aspect of his artistic output. Although best-known for his worldly portrayals of elegant females and scenes from the Belle Epoque, Béraud also painted working-class scenes and episodes from everyday life, invariably imbued with a concern for historical accuracy (est. €350,000-500,000 / $506,800-724,000).