Douglas Glass (1901-1978), Alberto Giacometti dans son atelier, vers 1956-1958
Douglas Glass (1901-1978), Alberto Giacometti dans son atelier, vers 1956-1958, tirage sur papier gélatino-argentique, 33,5 x 29 cm (à vue). Estimation : 2 000/3 000 €.
Le hasard fait parfois bien les choses. Ainsi d’une rencontre au bar du très chic hôtel de Paris, à Monaco. Les protagonistes ne sont autres que la collectionneuse Celita de Cardenas, le peintre Francis Bacon et son ami John Edwards, ainsi que l’historien d’art David Sylvester. Au cours de leur conversation de bon aloi, raconte madame de Cardenas, "Francis (...) dit alors à David avec son humour habituel : Celita possède une collection unique et exceptionnelle de photos d’Alberto." Alberto n’étant autre que Giacometti, l’ami de Francis et David. Les souvenirs affluent, si bien que le groupe se retrouve chez Celita à regarder ses portraits et certaines épreuves données par Diego, très proche des Cardenas, ou par Caroline Tamagno, modèle et maîtresse d’Alberto. Anonymes ou signés par Herbert Matter, Ernst Scheidegger et Daniel Frasnay, ces clichés nous montrent Giacometti à diverses époques - enfant avec son frère et sa soeur, jeune homme, travaillant dans son atelier... Les oeuvres semblent engager un dialogue, faire partie du même univers, partager la même respiration que les différentes strates accumulées dans l’atelier. L’effet est tout autre, bien qu’aussi intéressant, dans le reportage photographique réalisé par Bo Boustetd de l’exposition "Alberto Giacometti" à la Biennale de Venise en 1962, où dans cet espace bien aménagé, les oeuvres mises en valeur s’approprient leur propre espace pour entamer une autre conversation. Puis défilent, comme dans un feuilleton, les photos d’Alberto prises par Caroline et celles qui représentent le couple, souvent attablé Chez Adrien, un bar de Montparnasse où ils se sont rencontrés en 1959. Alberto fut subjugué par cette jeune femme. Il la décrit telle une sphère d’or, faite d’une matière dorée, avec des yeux verts illuminés d’une flamme qui couve. Un Giacometti intime, en somme.
Mercredi 25 mars, salle 1-7 - Drouot-Richelieu. Claude Aguttes SVV. M. Coissard
